Fifty Shades of Bullshit

Bonjour bonjour, petit bigorneau esseulé ! Tu erres encore et toujours dans les méandres de l’internet et je dois t’avouer que pour une fois, tu erres dans des quartiers mal famés en t’attardant ici.

En effet, pour la première fois dans ma carrière de blogueuse (qui commence en 2006 avec un Skyblog, mais ne nous attardons pas sur les souvenirs de la honte) je vais parler littérature, oui ! mais littérature controversée, littérature à ne pas mettre entre toutes les mains. Et ceci pour plusieurs raisons : premièrement parce que je vais parler de littérature érotique – qui bien trop souvent veut dire « bien pornographique mais on aime les litotes » -, mais aussi et surtout parce que cette littérature est à chier.

Qu’on se le dise, je ne suis pas experte en littérature érotique, loin de là, et s’il m’est arrivé de tomber une fois ou deux sur un volume au contenu oh my god – 18, je n’ai pas vraiment pensé à en faire une critique raisonnée et lucide. Du coup, qui suis-je pour me poser en juge en la matière ? Une connasse snobinarde ? Exactement. Aujourd’hui, mon ami(e) lettré(e), je vais te parler de Fifty Shades of Grey.

Attention, cet article n’est pas forcément recommandé pour mes lecteurs âgés de moins de 16 ans. (petite soeur, si tu me lis, ferme cette page immédiatement ou alors va lire un autre article, ça me rendra service)

Pourquoi Fifty Shades of Grey fait-il un tel buzz ?

De quoi ça parle ? D’une jeune femme, Anastasia Steele, qui rencontre par mégarde un très très jeune millionnaire, Christian Grey, au comportement plus que dark side of the force si vous voulez mon avis. Elle qui ne connaissait rien à la vie et se demandait peut-être si on fait des bébés par l’anus, la voilà qui découvre son corps et le phénomène du désir féfuel en observant la brosse à dents de Christian Grey. Lequel ribaud se trouve être un dominant dans le sens BDSM du terme, et s’ensuit donc de longues scènes de sesque cuir-cuir-moustache.

Qui a écrit cette bouse ? E. L. James. Et je tiens à ce que tu te souviennes de ce nom, lecteur lettré, car sache que son rêve dans la vie était d’écrire « des histoires dont on tomberait amoureux » – le temps passé laisse à croire qu’elle pense avoir rempli sa tâche… Sache également qu’elle compte écrire d’autres livres, donc quand on parle de la fin du monde, peut-être que c’est justifié.

E. L. James, qui a l’air bien fière d’elle-même. Pourquoi, je cherche encore.

Avant toute chose, je vais faire une petite revue de presse (ce qui me permettra de me mettre au courant en même temps que vous) : Fifty Shades of Grey, qu’est-ce qu’on en dit ? (beaucoup de mal j’espère parce que sinon allô y’a quelqu’un)

Globalement, le livre est considéré comme un « porno pour ménagère » (Le Télégramme), voire « pour grand-mère » (AuFéminin) ou alors, et là je suis morte de rire, « un Marc Levy du Cul ». Quand on sait l’amour que je porte à Marc Levy, force est de dire que je ne considère pas ça comme un compliment. Les avis de la presse et des lecteurs vont de « mitigé à négatif » (Wikipédia) et malgré le fait que les Américaines auraient soi-disant « découvert le plaisir avec Fifty Shades of Grey » (Le Figaro), même la sensationnelle Roselyne Bachelot le dit : « Surtout n’achetez pas ça, c’est vraiment de la daube ». Si Roselyne le dit… Non sérieusement, pour une fois je suis 100% d’accord avec elle.

J’ai ma petite théorie sur le pourquoi du comment les ménagères américaines de moins de cinquante ans ont kiffé leur race, et pourquoi, d’après les sex-shops outre-Atlantique, les ventes de boules de geisha ont explosey après la sortie du bouzin : parce que les Américaines ont une vie sexuelle qui pue le moisi. Je n’irai pas plus loin dans l’argumentaire, passons à mon avis très personnel et tranché sur la question.

Pourquoi je n’aime pas – et n’aimerai jamais – Fifty Shades of Grey ?

Remettons-nous dans le contexte : ce livre, à la base, était une fanfiction de Twilight. Voilà, je pourrais limite m’arrêter là et te laisser méditer sur le fait. Du coup, et malgré ce que Amanda Hayward (de truc machin muche, check Wikipédia) peut en dire, on y retrouve beaucoup trop de ressemblances à mon goût. Anastasia Steele, c’est tout à fait Bella Swan : elle est stupide, fade, a une vieille voiture déglinguée (pas une camionnette rouge mais une Coccinelle bleue), travaille dans un magasin ringard (pas un truc qui vend des chaussures de rando mais des articles de décoration et de do-it-yourself) et a une personnalité de moule morte. Personne ne la remarque, parce qu’elle est inutile et quand elle tombe, on a envie que ce soit fatal et définitif. (comme Bella Swan, Anastasia est très maladroite, mais jamais mortellement, ce qui est regrettable)

« Ahahah, t’as vu, on regagne un peu de crédibilité non ? » –
« Ah mais carrément, on a presque du charisme à côté des blhéros de Fifty Shades of Grey ! »

Christian Grey, quant à lui, a l’élégance nonchalante d’un Edward Cullen (comme c’est bizarre), a été adopté par ses parents, est richissime, et possède un côté obscur et des répliques qui ont un air de déjà-vu – des trucs qui m’interpellent comme « je n’arrive pas à savoir ce que tu penses, Anastasia », ou « dis donc cette voiture est dangereuse, viens là que je t’en achète une autre beaucoup plus chère et rapide », sans oublier l’indétrônable « je suis un danger pour toi, Ana, tu ferais mieux de ne pas vouloir me fréquenter ».

Si Anastasia Steele avait suivi son conseil, on n’en serait pas là toi et moi.

Je ne vais pas te cacher mon deuxième sujet d’énervement à propos de cette daube livresque : dès que je tourne une page (numérique sur mon liseur de .pdf parce qu’il est hors de question que je débourse un centime pour ça), je tombe sur un placement de produit incongru : un BlackBerry par-ci, un MacBook Pro par-là, sans compter les voitures aux noms de série très pointus, comme si la ménagère (à qui le livre est destiné, hein) en avait la moindre chose à foutre. (c’est du cul, qu’elle veut, la ménagère)

En parlant de cul, deux choses : ceux qui ont une vie sexuelle vont halluciner, et ceux qui n’en ont pas encore vont prendre des vessies pour des lanternes.

Parce que quand j’ai lu le machin (j’ai pas fini mais qu’importe, c’est pas en 20 pages que ça peut s’améliorer et devenir soudainement génial) je me suis demandé si a) ma vie sexuelle était pas juste toute pourrie du cul ou b) si l’auteure était pas encore vierge de chez « Untouched » de la mort. J’ai réfléchi deux secondes et les deux hypothèses sont improbables : je vais très bien du sexe, merci, et E. L. James a deux enfants. (qui n’ont pas été créés dans des éprouvettes d’après mes recherches, et qui doivent se cacher la tête dans un sac en papier à l’heure qu’il est)

Je ne pourrai vous donner mon avis que sur le « vanilla sex » (le sexe banal comme le pratiquent la majorité des gens normaux de cette planète, où on ne trouve que deux individus qui rentrent leurs corps respectifs dans celui de leur partenaire, et pas de joujoux additionnels) et je ne vous dirai qu’une chose pour appuyer mes paroles : n’oubliez pas qu’Anastasia Steele est VIERGE au début.

Donc expliquez-moi quel genre d’étalon venu d’une autre dimension où les Rocco Siffredi sont légion, peut faire jouir trois fois en suivant une fille vierge qui n’avait jamais connu ne serait-ce que le désir sexuel, genre en ce que j’estime être 15 minutes de temps, la première fois par stimulation des tétons, une autre fois en se faisant déchirer l’hymen par une espèce de brute qui, je cite « ne fait pas l’amour, mais baise, sauvagement » ? Je voudrais des témoignages, les filles.

Je me dis que ça peut frustrer des filles un peu bécasses qui pensent que se faire donner la fessée ça devrait automatiquement déclencher un orgasme (et pour le coup, on parle de BDSM, mais j’ai des sources fiables qui me disent que si c’était le cas, ce serait un peu le monde des Bisounours) et qui vont aller crier sur leur moitié parce qu’elles auront le sentiment que leur pénis est impuissance, et je me dis aussi qu’il y a toute une génération de jeunes filles en fleur qui vont lire ce livre, connaitre peut-être leurs premiers émois avec lui, et qui seront donc forcément hyper déçues de la vie quand viendra le moment de se faire déchirer l’hymen à leur tour. Parce qu’on va pas se mentir, même si la première fois n’est pas forcément le cauchemar qu’on m’avait raconté, c’est pas forcément non plus le triple orgasme garanti, faut pas déconner.

Du coup, pour conclure cet article hautement orienté porno, je ne dirai qu’une chose : sauvegarde-toi, lecteur, et garde ta dignité. Ne pose jamais les yeux sur Fifty Shades of Grey, ou alors juste pour rigoler très fort en mangeant des pop-corns. Ce livre ne mérite absolument pas l’intérêt qu’on lui porte, et penser qu’on va en faire un film me donne la nausée.

Joie ! Bonheur ! Deux autres tomes de vide intersidéral pour connaitre le fin mot de l’histoire !

A la place, je te conseille de lire, par exemple, A Song of Ice and Fire (la délicieuse série Game of Thrones) où, si les scènes de cul sont un peu moins omniprésentes, au moins l’histoire est-elle géniale et la traduction un ravissement de tous les instants. (oui, je le lis en français, ça va, on se calme sur les jets de pierre) (et oui, j’ai lu Fifty Shades of Grey en anglais, donc non, la daube que c’est ne doit rien à la traduction – quoi qu’elle soit particulièrement dégueulasse en effet)

Mon ami(e), la littérature se meurt. Je ne savais pas ça possible, mais on a fait pire que Twilight, et cette femme sans talent, au style aussi insipide que ses personnages, gagne de l’argent. Avec une fanfiction. Bien bien bien.

Toi qui sais faire tes lacets et compter deux par deux, que penses-tu du phénomène Fifty Shades of Grey ? Si tu as des expériences BDSM, es-tu d’accord avec le fait qu’on se fout de votre gueule dans ce livre et que c’est très mal représenté ? (moi en tout cas c’est l’effet que ça me fait)

Voilà, l’interlude sesque et caca mais pas scatophile est terminé ! La prochaine fois, j’aurai sûrement reçu ma nouvelle box mais je n’aurai pas eu le temps de la déballer et de la prendre en photo (pour toi public), alors on parlera quand même de trucs cools, comme par exemple différentes recettes de chocolat chaud qui tuent TOUT, parce qu’on me dit dans l’oreillette que c’est bientôt Noel et qu’il faut commencer à se réchauffer, ou bien du film que je vais voir demain soir au cinéma avec Monsieur, je sais pas encore. A tantôt, boule de poils.

NB : le titre « Fifty Shades of Bullshit » m’a été soufflé par mon bon Monsieur, et je le remercie car il est drôle, intelligent et splendide.

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6 commentaires

  1. Alors, je viens mettre un peu de feu sur l’huile , en disant que j’ai adoré ces livres,peut-être que mon esprit torturé espère toujours le père noël du sexe …. qui sait ? mais en tout cas j’ai bien ri de tes comments . j’adore

  2. Bonsoir!
    Je suis ton blog depuis un moment, je me décide (enfin) à lire tous ces articles que j’avais négligé me disant que « mais non c’est plus d’actualité! » (Flemme & autres excuses).

    Donc… Cette série de bouquin est une daube intégrale et même intersidérale. Une amie m’avait envoyé les e-books afin que je les lise parce que « tu vas aimer c’est sûr, c’est super bien ». Oui mais non.
    Ton article m’aura appris que c’était une fanfic’ à la base. Je ne pouvais déjà pas m’empêcher de faire un gros parallèle avec Twilight, ça explique tout… L’héroïne insipide qui tombe amoureuse d »un mec inaccessible « trop bien pour elle » mais finalement accessible quand même. Aussi vide qu’elle soit elle arrive tout de même à le faire changer et tout… En fait on remplace Ana par Bella, Christian par Edward et « dominant » par « vampire » quoi…

    Cela dit, à la base, j’étais intriguée, un livre qui parle de BDSM, un livre qui est en plus connu… J’me demandais vraiment à quoi m’attendre. Une déception. Connaissant le monde BDSM, je suis d’autant plus dégoûtée de voir comme c’est présenté dans le bouquin. Il n’y avait encore pas assez de cliché sur le BDSM tiens… Non vraiment, ce livre mérite l’autodafé ><

  3. J’ai pour ma part des expériences en matière de BDSM (on va pas se mentir hein tu me connais suffisamment pour savoir que c’est un univers qui me fait frétiller du croupion).
    Et comme je le disais à mon homme, Fifty Shades of Lulz ça n’a R-I-E-N à voir avec le SM. Ok, on y retrouve certains rudiments comme les « safe words » en cas de pépin, les règles basiques « plaisir/douleur », « punition/récompense » mais CEY TOUT.

    Un dominant ne s’excuse pas s’il a fait mal à son/sa dominé(e) ! IL L’A FAIT EXPRÈS MERDE. Secundo, du BDSM sans jeu sur le contrôle de la respiration, moi je dis non. C’est quelque chose certes de dangereux mais de très excitant entre partenaires qui se respectent et se connaissent suffisamment. Moi frustrée d’avoir vu que pas suffocation érotique. De toute façon Ana est une grosse coincée qui veut pas se faire trouer le cul. Moi je dis que l’auteur aurait dû lui choisir un autre prénom.

    Après, parenthèse sur le « baby » qu’affectionne Grey pour Anastasia. NOOOON. En BDSM, on ne se donne PAS de surnom affectueux/mignon/choupi trognon romantico-niaiso-fleuri-cuicui. On ne s’appelle pas. Le BDSM = anonymat. Masque/cagoule, tout çaaaa… Encore un moins niveau crédibilité et un gros plus niveau crédébilité.

    Tercio, je te rejoins totalement sur le côté « première fois multi-orgasmique » SO FULL OSHIT. Ouais c’est un mélange de tous les clichés possibles : elle jouit sa race, elle saigne, elle a mal après. Allô, ELLE A MAL APRES. Y’a qu’à moi que c’est pas arrivé, le sang et le mal après ? (Non j’ai pas joui ma race mais ça c’était couru)

    Genre elle se fait tringler et ELLE A DES COURBATURES AU VAGIN. NON MAIS ALLOOOOOO. (et puis big lulz au moment où elle découvre L’ENGIN MONSTRUEUX de Grey. « ZOMG ELLE EST GROSSE TA QUÉQUETTE TU CROIS QUE ÇA VA RENTRER ? » made me lol forever)

    Ensuite completely tellement agreed : c’est une fanfiction Twilight au départ, je peux pas aimer ce bouquin. OUI. MERCI. MA FEMME. JE T’AIME. Je sais pas ça me répugne qu’en changeant à peine les noms/prénoms et contextes, elle puisse se faire un fric monstrueux comme ça. Ça me fout littéralement la gerbe parce qu’en plus d’être nul, c’est UN BEAU FOUTAGE DE GUEULE. Et bizarrement, maintenant qu’elle a atteint la notoriété, on en entend plus parler du côté « fanfic au départ ». Marrant.

    Pour ce qui est des boules de geisha, je connaissais déjà avant de lire cette merde et ça m’a toujours intriguée alors je compte en acquérir une paire mais simplement parce que ça m’y a refait penser. Après faut pas se leurrer : les boules de geisha, c’est pas non plus un déclencheur d’orgasmes à répétition.

    Autre détail tout aussi lolifiant dans ce torchon : les remarques de Grey. Je sais pas, le mec me dit « t’inquiète, ton vagin est extensible ! » lors de ma première fois, je fuis en courant. Paie ton romantisme pour une première fois (ne nous voilons pas la face. On est pas toutes à l’eau de rose MAIS POUR UNE PREMIÈRE Y’A DES STANDARDS LÉGITIMES). Et puis tous ces « you’re so wet for me » URGH. Oh ma chérie tu mouilles tellement… allez, soyez honnêtes, qui est-ce que ça exciterait ce genre de remarque ?

    Je pense qu’en fait je vais rédiger moi-même une chronique visant à faire lumière sur cette sombre merde, j’ai matière à. Je te mettrai au courant quand ça sera fait spwaïfe bien-aimée. En attendant ta chronique m’a fait bien rire et m’a rassurée : il reste encore des gens sensés sur cette pauvre terre.

    Bisous cuillères !

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