[Vendredis Intellos] Spotted on campus : le problème sous-jacent

Salut toi ! Je t’en ai parlé un peu sur ma page Facebook, j’ai décidé de diversifier un peu ma ligne éditoriale, et je participe désormais au site des Vendredis Intellos, que je t’invite à retrouver en cliquant là. Les billets estampillés [VI] ne seront donc pas particulièrement drôles, mais porteront sur un sujet qui me tient à coeur : l’enfant, et tous les sujets corrélés. Libre à toi d’esquiver cette lecture peu amusante peut-être j’en conviens, mais je prends moi la liberté d’exprimer tout ce qui m’intéresse de près ou de loin, et ça me permet aussi de me sentir moins frivole sur le web haha.

Sache que dès que l’image vedette sera cet artwork de Magali Hedouin pour les VI, ça voudra dire que c’est un post sérieux et informatif, et pour de vrai cette fois.

Aujourd’hui donc, je reviens sur un article de Rue 89 qui parle du phénomène Facebookien « Spotted ».

« Spotted on campus » est un phénomène fleurissant dont, en bonne étudiante que je suis, j’ai eu vent avant que ça soit relayé par les médias. Le concept : une page facebook pour chaque campus, à laquelle envoyer par message une espèce de petite annonce du cœur, pour tenter de retrouver un(e) inconnu(e) en lui déclarant sa flamme. Le message est anonyme, car posté depuis la page.

J’étais loin de penser que cette petite mode était généralisée, avant de lire cet article sur Rue 89.

Les collégiens s’y mettent

Le mouvement, parti des universités britanniques, a pris une ampleur mondiale. On se découvre et on se déclare sur les pages des campus américains, irlandais, anglais, espagnols, allemands ou encore polonais. En France, la sauce a si bien pris que les lycéens et les collégiens ont suivi le mouvement. Sur la page « Spotted » du collège Georges Clémenceau de Montpellier, on écrit avec amour :

« Toi, grand Noir aux tresses et à la casquette, toi qui m’embrasses l’épaule, toi qui joues si bien à la guitare, ô toi “Mon grand King-Kong”, toi qui a tant d’amatrices, je rêve de toi tout le temps, MA pour la vie et tout et tout, lovelovelove. »

Je pense qu’il y a là un véritable problème. Internet est un lieu d’échange et de partage, c’est probablement le média le plus libre, car chacun peut y déposer grosso modo ce qu’il veut. Mais quand je lis que les collégiens s’y mettent, je trouve que plusieurs questions sont soulevées par cette utilisation spécifique d’Internet : déjà, celle de la vie privée. Pour l’avoir vécu moi-même, je sais qu’il est parfois difficile de faire le tri entre ce qui peut être mis en ligne sans danger et ce qui pose potentiellement des risques, et pourtant je ne suis plus une adolescente pré-pubère. Ainsi, j’ai pris la décision de supprimer mon compte Facebook il y a peu, pour en créer un nouveau, où je ne laisserai pas de photos de moi à visage découvert, et où je veillerai toujours à ne publier, me concernant, que des informations mûrement réfléchies. Finies les identifications dans des publications douteuses, les photos prises en soirées, qui ne renvoient pas forcément une super image de moi, une liste d’amis restreinte à mes vraies connaissances, aux gens avec qui j’ai plaisir à partager, des statuts peu fréquents et réfléchis, et pas de géolocalisation : on sait d’où je viens, mais pas où je suis.

J’ai mis 4 ans à prendre ces décisions, afin de me protéger. Des informations sur moi ont déjà filtré, d’ailleurs j’utilise mon vrai nom sur Facebook, donc en le tapant sur Google je suis référencée, un choix que j’ai fait: je ne me suis pas séparée de Facebook définitivement, car je m’en sers notamment pour mon blog et pour des groupes d’échange. Ca ne m’empêche pas d’être très consciente des dangers des réseaux sociaux, notamment pour les esprits plus jeunes et pas forcément accompagnés dans leurs activités sur Internet.

Du coup, cette mode du « Spotted » me fait un peu peur. Notamment parce que j’ai déjà trouvé sur la page de mon campus des messages pas vraiment flatteurs, à caractère résolument sexuel et, j’ai trouvé, dégradant pour la personne concernée. Le fait de parler de manière anonyme pose toujours le problème de la mesure de ses mots, j’ai envie d’aller voir l’auteur de ce message (que malheureusement je ne retrouve pas sur la page… pauvre de moi) et de lui demander s’il aurait eu l’audace de dire ça en regardant la personne dans les yeux.

Les collégiens et lycéens qui s’y mettent… D’un point de vue tout à fait pratique, seuls les collégiens de + de 13 ans devraient pouvoir s’y mettre à proprement parler, ce qui fait en moyenne à partir de la quatrième, or évidemment beaucoup de collégiens mentent sur leur date de naissance pour pouvoir s’inscrire sur Facebook avant l’âge de 13 ans.

Florian (le nom a été changé) est l’administrateur de la célèbre page ‘Spotted Université Panthéon-Assas’ (près de 4 000 ‘like’). Il assume son initiative, mais reste sceptique sur son utilisation par les plus jeunes :

‘Pour parler franchement, ça me fait peur. Tout dépend de la bienveillance et de la conscience des administrateurs de la page Spotted’. Ils ne doivent pas laisser passer des insultes ou des ragots, qui peuvent créer de faux espoirs.” “C’est aux parents de faire attention. Ils doivent surveiller ce que font leurs enfants sur Internet. Ça peut être un outil dangereux pour l’intégrité de ceux à qui les messages sont adressés si le tri n’est pas fait sérieusement. Tout est une question de confiance et d’attention.”

« Florian » exprime mon plus grand intérêt pour ce phénomène : l’encadrement, tout d’abord de « Spotted », puis de l’utilisation d’Internet en général, pour les plus jeunes.

Je pense en premier lieu que si la page de mon campus avait été mieux administrée, ce message dont je vous parlais auparavant ne serait peut-être pas passé (enfin moi perso, on m’aurait donné l’administration de la page, je ne l’aurais pas publié, mais c’est vrai que c’est une question de sensibilité personnelle et peut-être que je suis trop prude, qui sait).

Et ensuite, il me semble vraiment nécessaire de sensibiliser les parents aux dangers d’Internet. On voit beaucoup de photos d’enfants tout jeunes sur les réseaux sociaux, beaucoup d’informations divulguées à tout va, et beaucoup de très jeunes pré-ado qui utilisent Internet (et en particulier Facebook) comme on utilise un journal intime. Or c’est exactement le contraire d’un journal intime. On a peut-être l’impression d’écrire dans le vide puisque à personne en particulier, mais le public est très grand… tenir un blog m’apprend chaque jour à faire attention (quand je vois les Référents Bizarres qui y mènent je me dis que je dois pas faire tant attention que ça…) et j’ai l’impression que les jeunes (je parle comme une vieille là hihi) n’ont pas vraiment conscience de ce que ça implique. Trop de profils Facebook d’adolescents sont en mode « public », leurs photos disponibles à tous, les textes certes parfois poignants mais diffusant une image tronquée, trompeuse, de la personnalité qui se cache derrière cette identité visuelle. A l’heure d’une société qui pense que l’habit fait toujours le moine, je me retrouve moi-même coincée parfois dans ces préjugés, je tombe par hasard sur un profil, je lis quelques trucs publics, et je me retrouve à porter des jugements sur quelqu’un que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam : c’est dommage.

« [Les parents] doivent surveiller ce que font leurs enfants sur Internet » : ça sonne comme un impératif, mais je pense que c’est la phrase-clef de cet article, qui résume pour moi toute la portée du problème de l’utilisation d’Internet par les jeunes.

Parents, famille, je nous en conjure : protégeons nos enfants des dangers de cet outil, et apprenons-leur à l’utiliser au mieux, en leur expliquant les enjeux, plutôt graves à mon sens : pédophilie, rumeurs, dégradation de l’image donnée de soi… Internet est un média puissant, presque magique de par la rapidité à obtenir l’information qu’on recherche… c’est à double tranchant, à nous d’en tirer le meilleur parti.

Que penses-tu de la mode des pages « Spotted on campus » ? De quel oeil vois-tu l’utilisation d’Internet par les plus jeunes ? Discutons !

Tu peux retrouver mon article directement sur le site des Vendredis Intellos, et ainsi continuer ta lecture sur d’autres sujets tout aussi (voir plus ? pas sûre de m’y être bien prise pour cette première fois mais je me fais la main) enrichissants. Tu peux liker leur page Facebook, me retrouver sur la mienne, et à dimanche pour un article plus fun, le volume 2 de la Saga ciné ! Des bisous sur ta face virtuelle.

crédit photo : © Magali Hedouin pour les VI

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Un commentaire

  1. Je me suis achetée un truc bleu qui répand du liquide nettoyant dans la cuvette à chaque fois que je tire la chasse. Je suis emmerveillée devant.

    Je pense que pour internet… Personne n’ignore que un bon pirate peut TOUT pirater. Toutes les informations verrouillés. Tout ce qui est en privé, où est le portable de qui même si la personne n’active pas internet par exemple, le haut parleur d’un téléphone ÉTEINT. Une caméra d’ordinateur ÉTEINT. Tout. À partir de là tout dépend de ce qu’on en sort, privé ou pas. Faut pas non plus confondre le vrai et le faux. Bien sûr un jeune ne sait presque pas se protéger.
    Et aussi ce qu’on peut voir sur internet. Internet peut rendre idiot, mais pas sur quelqu’un d’averti. Un jeune de toute façon doit apprendre à trier pour ne pas devenir idiot.

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