[VI] Obésité, alimentation et désinformation

C’est reparti pour un nouveau Vendredi Intello ! Attention les amis, ça va dépoter. Je suis assez énervée.

Voilà un article de Sciences Humaines qui m’a interpellée. Je suis en ce moment-même en pleine interrogation sur mon alimentation, je redécouvre des choses que je ne savais plus sur mes goûts, mon système digestif, ma sensation de faim… C’est donc tout naturellement que je me propose aujourd’hui de vous parler de cette question épineuse de l’obésité, et plus globalement d’alimentation.

L’article part avec le constat que

Les Français mangent plus gras, ont un peu plus de cholestérol et boivent beaucoup plus de vin que les Américains, et pourtant ils sont plus maigres – 7 % d’obèses contre 22 % – et moins souvent cardiaques.

J’étais loin de m’imaginer que les Français mangeaient plus gras que les Américains ! Comme quoi on peut se découvrir victime tous les jours d’un cliché, ça m’apprendra. Enfin bref, ceci ayant été dressé, les chercheurs américains ont décidé de se pencher sur ce qu’ils appellent « le paradoxe français » (hihi), et voilà ce qu’il en résulte :

Les restaurants français servent des parts plus petites que les restaurants américains. […] Les proportions données pour les mêmes recettes dans les livres de cuisine des deux pays correspondent à des parts de viande et de soupe nettement plus petites, et à des parts de légumes nettement plus copieuses, en France qu’aux Etats-Unis. Enfin, nous mangeons plus lentement : déjeunant chez McDonald’s, les Français y passent en moyenne 22,2 minutes contre 14,4 pour les Américains.

Ceci expliquerait donc cela.

En lisant l’article, j’ai été un peu partagée sur le ton utilisé : j’ai eu l’impression que l’auteur faisait une apologie de la culture alimentaire française, et ça ne m’a pas vraiment plu. Pour tout dire, je suis en total désaccord avec cette culture, qui, comme le dit l’article, n’est pas trop préoccupée des effets de tel ou tel aliment sur la santé. On a l’air d’oublier que ne pas être obèse ne signifie pas non plus être en excellente santé…

Evidemment, la culture française, c’est la gastronomie : patrimoine mondial de l’UNESCO ! Mais qu’est-ce qu’on veut préserver dans cette gastronomie ? Je remarque beaucoup de viande, de sauces, de gras. Les plats culturels de la France ? Selon un sondage Ipsos en 2011, le foie gras, le pot-au-feu et la blanquette de veau. Avec mes lectures récentes sur le végétarisme, j’ai voulu jeter un regard plus approfondi sur cette question de nutrition en France, qui à mon sens est un problème assez important. Outre l’obésité, qui ne fait qu’augmenter malgré le ton rayonnant de cet article de Sciences Humaines, les cas d’ostéoporose, de cancers… sont aussi alarmants, et liés à l’hygiène de vie, donc en partie à l’alimentation.

Voyons un peu ce que nous dit le site mangerbouger.fr à propos des produits laitiers et de la viande.

  • 3 produits laitiers par jour  (le fameux « les produits laitiers sont vos amis pour la vie »)

Pourquoi : parce que « Parce qu’ils nous apportent notamment du calcium et souvent de la vitamine D, tous deux essentiels à la construction du tissu osseux et à son entretien ! »

La vérité : les produits laitiers sont gras et acidifiants. Dans l’intestin lors de la digestion, le calcium du lait n’est pas entièrement exploité et est éliminé en assez grande partie dans les selles. En revanche, le calcium végétal, qui d’ailleurs se trouve en plus grandes quantités dans les épinards que dans le lait (400 mg de calcium pour 100 calories d’épinards contre seulement 250 mg pour 100 calories de lait), ce calcium  est immédiatement exploitable par le corps.

  • 1 à 2 portions de viande, poisson ou œuf par jour (pour les protéines m’voyez)

Pourquoi : « parce qu’ils nous apportent des protéines d’excellente qualité », ainsi que du fer, et des matières grasses essentielles comme l’oméga 3.

La vérité : la surconsommation de ces protéines animales « d’excellente qualité » favorise les maladies cardiovasculaires, le cancer du côlon, la goutte, les calculs rénaux, bref, que des trucs sympa. Alors qu’encore une fois, les protéines végétales sont plus facilement absorbées par le corps, et se trouvent en plus grande quantité. (35 g de protéines dans 100 g de soja, jusqu’à 25 g de protéines pour 100 g de légumes secs, contre seulement 22 g de protéines dans 100 g de viande et 13 g dans 100 g d’œuf)

Sachez que dans cette section, on vous dit aussi qu’être végétarien, c’est pourri (il vaut mieux associer aliments d’origine animale et végétale) et qu’être végétalien, à long terme, c’est dangereux pour la santé. Je cherche encore des études qui le prouvent.

Pour ce qui est de l’ostéoporose, on apprend que la consommation de produits laitiers apporte certes du calcium et de la vitamine D nécessaire à la consolidation des os, mais que ces produits laitiers, gras et acides, provoquent l’excrétion de ce calcium apporté et rendent l’opération quasiment nulle, voire même inquiétante, voici ce que je lis dans le Huffington Post :

Une étude, réalisée par des chercheurs travaillant pour l’industrie laitière américaine, (National Dairy Council) fut de donner à un groupe de femmes ménopausées 8 verres de 25cl de lait écrémé par jour pendant 2 années. Tandis qu’un autre groupe de femmes ménopausées ne devaient prendre aucun verre de lait pendant la même période. Le groupe « avec lait » consomma 1.400mg de calcium par jour et, au terme de l’étude, perdit 2 fois plus de masse osseuse que le groupe « sans lait ».

L’important n’est donc pas apparemment d’absorber énormément de calcium, mais de veiller à ce qu’il reste dans l’organisme et soit bien assimilé ! et comme je l’ai expliqué précédemment, le calcium végétal remplit bien mieux ce rôle que le calcium animal. Et ça, bizarrement, on n’en parle pas sur mangerbouger.fr…

Je pense que ce n’est pas très clair, mais voilà où je veux en venir : loin de moi l’idée de faire du prosélytisme végétarien, mais je suis plutôt dans l’optique : qu’est-ce qu’on nous dit, pourquoi nous le dit-on ? et est-ce que c’est vraiment bon pour nous, et pour nos enfants ? Simple exemple pour la viande : le site mangerbouger.fr nous conseille 2 portions par jour (viande ou poisson pour moi-même combat), et une portion est égale à 100 g. Or, je lis sur l’European Food Council qu’une à deux portions de viande par semaine sont suffisantes pour assurer les besoins protéiniques. Pour revenir au sujet de départ, l’obésité est due à plusieurs de facteurs, dont l’absorption de protéines, de graisses et de nutriments d’origine animale en trop grande quantité. Et je lis aussi ici :

Obésité, diabète, problèmes cardio-vasculaires, cancers, ostéoporose… La liste des maladies prévenues ou traitées par une alimentation végétarienne est longue et significative. La raison est simple: ne mangeant pas de chair animale, les végétariens absorbent des quantités infiniment plus faibles de substances nocives que les personnes consommant de la viande. En voici une liste non exhaustive: graisses saturées, choléstérol, toxines en tout genre, métaux lourds, pesticides et autres produits chimiques.

(on peut noter dans cette citation les pesticides, mais n’oublions pas aussi les hormones et les antibiotiques injectés au bétail pour qu’il soit plus performant, résistant, et qui se retrouve évidemment dans sa viande)

Pourquoi alors nous mentir ? Pourquoi vouloir absolument que chaque petit (et grand) Français absorbe 200 g de viande par jour ? Je me souviens, petite, qu’un repas facile à faire, c’était steak haché, coquillettes à la crème fraîche et en dessert, un yaourt aux fruits. Le matin, un grand bol de lait. Et moi qui n’aimais pas trop ça, j’étais effrayée par la menace des publicités qui me disaient que j’allais avoir les os brisés si je ne mangeais pas tous ces petits suisses… alors qu’en fait il n’en est rien.

Dans une société où on prône le libre-arbitre et l’esprit critique, je suis un peu atterrée de voir que même si on essaye de comprendre pourquoi « 5 fruits et légumes par jour » et « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » en allant sur mangerbouger.fr, on se retrouve face à un mur de désinformation, un mur soigneusement édifié par les lobby du lait et de la viande. Est-ce cela que je veux transmettre à mes enfants plus tard ? Qu’il est absolument nécessaire de manger énormément de viande, de boire un demi-litre de lait par jour pour être en bonne santé ? Absolument pas.

J’ai envie que mon enfant se sente libre de manger ce dont il a besoin, car il sentira qu’il en a besoin. Et si, comme moi petite fille, il n’aime pas la viande, je lui trouverai d’autres sources de nutriments. Et si, comme moi petite fille, son lait de vache du matin ne lui sert qu’à tremper son pain, je lui trouverai du lait végétal qu’il boira, ou alors lui introduirait des boissons type infusions.

Voilà en fait où est mon réel « message » s’il en est, avec cet article : je trouve dommage qu’on n’ait pas accès à de vraies informations concernant l’alimentation (surtout pour les parents, qui sont si inquiets de voir leurs enfants bien grandir), à moins de farfouiller des heures comme je l’ai fait pour trouver des références à cet article. Je trouve aussi dommage qu’on ne fasse pas plus confiance aux enfants, qui, si on le leur permet, ressentent les besoins de leurs corps et mangent en conséquence. Qui, adulte, se forcerait à finir son assiette s’il sent qu’il en a trop pris et qu’il n’a plus faim ? Pas moi en tout cas. Et pourtant, on voit encore trop souvent des enfants forcés à finir leur assiette, alors qu’ils le disent, « j’ai plus faim ». Et « j’ai plus faim » pour un enfant peut aussi vouloir dire « j’ai plus besoin de manger cette viande ou cette purée, j’ai assez de ces nutriments. Par contre, j’ai peut-être quand même besoin de manger un fruit, pour les vitamines qu’elles vont m’apporter ».

Pour en savoir plus sur ce sujet qui me tient à cœur, je conseille la lecture du livre « Mon enfant ne mange pas », du Dr Carlos Gonzalez.

Pour plus d’informations sur la différence entre les nutriments d’origine animale et ceux d’origine végétale, rendez-vous sur cette fiche du site végétarisme.fr

Publicités

Un commentaire

  1. c’est très bien expliqué, surtout cette phrase: « Je trouve aussi dommage qu’on ne fasse pas plus confiance aux enfants, qui, si on le leur permet, ressentent les besoins de leurs corps et mangent en conséquence. Qui, adulte, se forcerait à finir son assiette s’il sent qu’il en a trop pris et qu’il n’a plus faim ? » ça résume tout! et les bébés qui boivent leur biberon, on leur fait confiance non?
    enfin bref, très bon article!

Qu'en dis-tu ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s