[VI] La contraception chez l’adolescente

C’est un sujet qui me passionne, la contraception… surtout parce que je sors d’une longue période d’hésitation, et que je viens de révolutionner ma vie contraceptive, donc je me sens comme investie d’une mission divine… Je suis nullipare et j’ai récemment abandonné la sacro-sainte pilule pour la pose d’un DIU au cuivre, je suis contente, mais contente ! Bien qu’outrée qu’on ne m’en ait pas parlé plus tôt et d’avoir été si mal conseillée sur ma première contraception, j’en ai déjà parlé ici.

Donc je reviens en ce vendredi pour parler de contraception, toujours, plus pratiquement de contraception chez la jeune fille, via un document de la Haute Autorité de Santé, qui a mis en ligne des fiches mémo à l’intention des professionnels de santé susceptibles de délivrer une méthode de contraception. On y trouve des informations pour les nullipares, pour les jeunes filles, pour les femmes ayant déjà accouché, ayant subi une IVG, et même pour les hommes ! eh oui, ça vous concerne aussi les mecs…

Je me suis plus particulièrement intéressée à la fiche appelée « Contraception chez l’adolescente », édité en avril 2013, c’est donc tout récent, chouette ! Voici donc ce que j’en ai retenu :

  • L’adolescente sera reçue sans ses parents.

Si les parents sont là, on lui propose un petit temps rien qu’à elle, sans eux.

Ca me paraît être la moindre des choses mais je n’ai pas eu le droit à ce luxe quand je suis allée consulter pour ma pilule. (encore une doléance à rajouter à la liste…) Jeunes filles : vous n’êtes pas obligées de parler de votre vie sexuelle devant vos parents ! C’est super gênant, et ça ne regarde que vous, en fait… donc vous avez le droit de refuser d’en parler devant eux ! Et eux peuvent sortir discrètement pendant quelques minutes.

  • L’examen gynécologique peut être différé.

Pas besoin d’examen approfondi pour une prescription contraceptive. De toute manière, tout examen gynécologique non-nécessaire peut être considéré comme un abus… je lisais ici un article poignant sur une femme enceinte qui s’était vue refuser une consultation car elle avait demandé à différer un toucher vaginal (qui n’est, rappelons-le, absolument pas obligatoire pendant le suivi de grossesse…) et qui disait très justement qu’en dehors du cadre médical, si quelqu’un vous force à retirer votre culotte pour insérer des objets dans votre corps sans votre consentement est passible de peine de prison… Ca fait méditer.

  • L’âge en lui-même ne doit pas limiter le choix de contraception.

Donc ce n’est pas parce qu’on a 16 ans qu’on ne peut pas se faire poser un DIU, opter pour un implant hormonal, et qu’on est obligée de prendre une pilule de 3ème génération. J’ai envie de conseiller à toutes les jeunes filles qui doivent choisir une contraception de le faire de manière éclairée, de se renseigner, pas comme moi en fait…

  • Les DIU peuvent être proposés aux femmes, quelles que soient la parité et la gestité (femmes multipares ou nullipares/nulligestes)

Ah ! Merci ! J’espère que le fait que cette circulaire soit destinée aux professionnels leur ouvrira les yeux sur cette vérité ! Le DIU au cuivre notamment est une méthode naturelle (spermicide par diffusion d’ion cuivre) et c’est ce qui a pour moi fait pencher la balance. On ne devrait pas forcer les femmes à se bourrer quotidiennement d’hormones si ça ne leur convient pas !

  • Les estroprogestatifs sont utilisables chez l’adolescente ne présentant pas de contre-indications (…) et en prenant compte du risque de thrombose (notamment liée au diabète, à l’obésité, et au tabagisme). Il est recommandé de prescrire en 1ère intention une pilule de 1ère ou 2ème génération.

Il me semble nécessaire que le professionnel en face de la jeune fille lui pose des questions sur son mode de vie et ses habitudes, ainsi que ses antécédents, avant de lui perscrire quelque méthode contraceptive que ce soit.

  • Les méthodes de stérilisation sont interdites par la loi sur les mineures.

Je ne sais pas trop quoi penser de cette loi, j’aimerais bien savoir quel est le nombre de mineures qui sait avec certitude qu’elle ne voudra jamais d’enfants et qui ne reviendra pas sur sa décision… c’est un sujet qui m’interroge encore aujourd’hui.

Je trouve ce document très intéressant car il est très complet et clair… j’espère qu’il sera lu et appliqué par les professionnels de santé et qu’ainsi certains préjugés et certains actes médicaux considérés comme « la norme » se feront plus rares… (examens abusifs, prescriptions hâtives, désinformation volontaire)

Cette fiche-mémo est top aussi pour les jeunes filles qui sont un peu perdues et qui n’oseront peut-être pas s’opposer à ces actes médicaux, comme moi je n’ai pas su m’opposer à cette pilule 3ème génération, parce que je n’y connaissais rien… je recommande donc la lecture de ce document ainsi que de tous les autres disponibles pour tous les âges de la vie et les situations que peuvent rencontrer femmes et hommes pendant leur vie sexuelle !

A la semaine prochaine sûrement pour un nouveau Vendredi Intello, et sûrement d’autres billets plus légers à venir entre deux… bisous les voyous !

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5 commentaires

  1. Je me reconnais dans ton cas, première contraception : pilule. Sans intimité, merci maman sage-femme. Pour la petite histoire, j’ai eu un rdv avec une gynéco, une collègue de ma mère. Je sais que ma mère aurait été au courant de tout ce qui s’était dit dans la salle de consult’. Le secret médical c’est pas optimal. Du coup j’ai caché à la gynéco que je fumais comme un pompier à 14 ans, de peur de me prendre un savon par ma mère dans la semaine. Donc voilà, j’y connaissais rien, à part le préservatif je ne savais pas vraiment ce qu’on pouvait me/nous proposer comme moyen de contraception. Et depuis mes 14 ans (soit 7 ans), ça a été les prescriptions tous les 3 mois pour les plaquettes, prescriptions faites par ma mère. J’étais gênée comme pas possible quand je lui demandais de me les faire. Et puis un jour, on s’est engueulées, elle m’a menacée de ne plus me faire de prescription (tout ça pour que je quitte mon copain, oui, j’ai une maman très douce et compréhensive, et humaine surtout…). Deux mois plus tard, je me faisais poser un stérilet. Mon statut de nullipare m’avait fermé les portes de plusieurs gynéco dans la région parisienne, mais j’ai persévéré, et trouvé une super gynéco (qui est aussi homéopathe) qui s’est chargée de moi avec beaucoup de professionnalisme et de douceur. Comme quoi, faut se poser les bonnes questions : qu’est-ce que je veux ? Pourquoi ? C’est notre corps, merde, on fait ce qu’on veut !

  2. Bonjour,
    Je viens de tomber sur ta page en faisant des recherches pour mon mémoire de fin d’études de sage-femme! Et je suis très contente de lire ton article car c’est exactement le message que je souhaiterais faire passer dans mon mémoire qui est bien sur sur le thème de la contraception!
    Je suis contente de voir que certaines femmes ne se font pas avoir par le stéréotype français et osent demander autre chose que la pilule! Encore faut-il être informée et ça c’est notre boulot qu’il faut revoir!

  3. Eh bien moi, à 43 ans et après 3 enfants, je viens de « casser le moule » en me faisant ligaturer les trompes par la méthode Essure.
    Une fois qu’on est sûre de soi, c’est une méthode très douce (hospi ambulatoire, pas d’incision) et beaucoup moins « traumatisante » que la méthode classique.
    Je recommande! :)

  4. Bonjour,
    J’ai découvert ce blog en sautant de lien en lien et c’est une très chouette découverte (j’ai beaucoup aimé le dernier article sur le végétarisme vu par Marianne).
    Pour apporter mon grain de sel à la question de la contraception : je ne trouve pas qu’il y ait de « bonne » solution. Mais nécessité fait loi… pour ma part, j’ai opté pour l’anneau vaginal : les avantages sont la facilité (y penser pour le mettre et pour l’enlever, et c’est tout) et le faible dosage d’hormones ; les inconvénients : ce sont toujours des hormones et ça coûte cher.
    Pour le DIU en cuivre, ce qui me rebute c’est le mode de fonctionnement : en plus de tuer les spermato, c’est perçu comme corps étranger par le corps – il y a donc réaction de l’endomètre qui n’acceptera pas d’oeuf du coup. Je trouve ça assez violent, même si ça passe inaperçu. Il s’agit quand même de provoquer un « stress » au niveau de l’utérus parce qu’il y a ce corps étranger.
    Mais bon, comme la panacée n’existe pas, je comprends qu’on choisisse cette option.
    Ce qui serait génial, ce serait d’avoir des bébés que quand on en a envie sans devoir intervenir :-).

  5. Tout ce qu’on défend au Planning Familial ! Bonheur !
    L’examen gynéco avant 20 ans, pas besoin, sauf problème ;)

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