Une odeur d’abricots

Ce matin, en allant travailler, je suis passée devant une toute petite épicerie qui ne paie pas de mine, et qui avait, à l’extérieur, étalé des fruits et des légumes de saison. Des fraises, des cerises, des melons, et des abricots. J’adore les abricots, ce sont comme de tout petits soleils pleins de bonne humeur et de bon sucre, je pourrais en manger dix par jour. D’ailleurs en ce moment mon stock s’écoule beaucoup trop vite.

Je me suis dit que si j’avais un peu de monnaie, j’aurais bien acheté un ou deux abricots à cette toute petite épicerie. Mais bon de toute façon, j’étais déjà un peu beaucoup en retard, donc je suis allée travailler.

Et puis la journée a fait que je suis repassée une, deux, trois fois devant cet étalage d’abricots bien mûrs et dorés, et il faisait à chaque fois de plus en plus chaud, ça sentait bon…

Je trouve que l’été sent bon, en général. (sauf dans notre appartement, où ça sent les relents d’égouts, évidemment)

C'est chez moi. (j'ai Instagram maintenant. @apauliner a honte.)

C’est chez moi. (j’ai Instagram maintenant. @apauliner a honte.)

J’aime l’odeur de la canicule, du soleil qui tape très fort sur les arbres, sur les peaux, et même sur le goudron, car je suis une fille de la ville hinhinhin. Le vent trop chaud qui ne sert à rien et qui balaye les magnolias et les jasmins… l’eau fraîche dans les brumisateurs. Ca me rappelle les vacances, et en pensant à ça tout à l’heure devant les abricots, dans une ville du Nord où jamais j’aurais cru qu’il pouvait faire 35° tranquillement à l’ombre, je me suis rendu compte que c’était la première fois de ma vie que je ne partais pas en vacances avec mes parents, et que je ne passais pas un été dans le Sud. (exception faite de l’année où on a déménagé mais j’avais quand même un jardin immense pour bronzer, avec mini-piscine et tout le baratin)

Figurez-vous que ça m’a foutu un coup.

Je me suis vue soudainement, avec mon mal de crâne carabiné, mes fringues collantes, mes lunettes de soleil qui glissaient sur mon nez, je me suis vue dire « non, je peux pas, je bosse », j’ai trouvé ça triste.

La meuf qui se plaint parce qu’elle a bossé quatre jours dans l’été. Mais je fais ce que je veux, rappelez-vous. (t’as vu aujourd’hui je te vouvoie)

J’ai pensé à mes parents, avec ma soeur et mes frères, en train de se dorer la croûte dans le Tarn, dans la campagne la plus profonde et la plus délicieuse, au milieu de la menthe sauvage et des pruniers (ou des pommiers ? sais plus), à faire des batailles d’eau, des mandalas, des salades de tomates, ou de visiter des villes honteusement perchées dans les nuages – je vous recommande chaudement Cordes-sur-Ciel, c’est magnifique – en finissant la journée par un restaurant génial qui sert du vin blanc très frais et moelleux. Ma soeur ne boit que du moelleux. (cette alcoolique de bon goût)

C'est beau hein.

C’est beau hein.

J’ai pensé aux corbeilles de fruits dans le gîte, pleines à ras-bord de nectarines, de melons, de pastèques, de bananes, de prunes, de pêches… d’abricots… et j’ai commis l’immense erreur de comparer avec ma « corbeille » de fruits un peu miteuse parce qu’on n’a pas trop de place et que ça conserve pas très bien ici.

Et j’ai repensé aux marchés du samedi ou du dimanche matin dans les Cévennes, quand il ne faisait pas encore trop trop chaud parce que sinon c’était invivable, où on errait pendant une ou deux heures entre les tomates, les courgettes (beeeerk, à l’époque), les stands de bricoles attrape-touriste, où on voyait souvent les mêmes marchands, de savons de Marseille par exemple, qu’on ramenait par sacs de 20 pour en coller sous notre linge et dans les tiroirs à serviettes de bain. Ou encore ce bijoutier très gentil avec son fort accent, qui nous vendait des grenouilles en argent ou en pierres et des petits bracelets.

J’ai toujours chez moi une grande jupe en coton du Népal, fair-trade et tout et tout (ça m’intéressait pas à l’époque mais maintenant je fais la fière) que je trouve magnifique, et un paréo tout beau, avec des fils dorés, qui me sert de jupe/robe/top/sac à main, offerts par mes parents en vacances. Mon porte-clefs préféré aussi, offert lors d’un marché nocturne sur la plage de Narbonne. Au restaurant, mes parents s’étaient engueulés sévère, avec ma soeur on s’était enfuies sur la plage. J’avais une grande capeline noire et on avait trempé nos pieds dans la mer, mon chapeau s’était envolé dans l’eau et on m’avait prédit qu’il serait foutu et irrécupérable. Il trône en ce moment même dans mon appartement, aussi beau qu’au premier jour, mais je ne l’ai pas encore porté ici.

Et du coup ça me ramène à des vacances plus « exceptionnelles », nos deux voyages à l’étranger en mode all-inclusive, trop des stars, l’un en Tunisie, l’autre en Grèce. Assez peu de souvenirs du premier, il faisait chaud et c’était chouette, je m’enfilais des cocktails aux jus de fruits toute la journée en allant soit à la piscine, soit à la mer. Beaucoup d’affection pour le deuxième, la Grèce… waw… les olives noires, le soleil écrasant en plein mois d’avril, les pommes de terre au citron et à l’huile, le sable chaud, Athènes l’immense que je ne connais qu’à peine. Très grosse envie d’y retourner.

Le Parthénon

Le Parthénon

En tapant tout ça je m’aperçois que j’ai énormément de chance, j’ai toujours eu deux mois de vacances avec mes profs de parents, on partait parfois deux mois entiers en camping, j’ai beaucoup d’affection pour le Sud de la France parce que ça rime pour moi avec « liberté », la liberté des vacances, de pêcher des grenouilles dans la rivière, de manger plein de glaces, de porter des tongs, de passer mes journées à la piscine… je suis pas habituée à rester chez moi en juillet et en août, ça me fait tout bizarre, alors je fais la fille importante en disant « je bosse » alors qu’en fait ben quatre jours en deux mois quoi…

Même si je ne vais plus à la fac depuis des lustres, j’ai l’impression que ne pas partir cette année veut dire pas de coupure avant le début d’une formation, et en même temps faut revenir sur Terre, y’a que les profs qui ont deux mois de coupure, les VIP. Je ne connaîtrai plus jamais ça, autant m’y habituer.

Ben figurez-vous qu’en rentrant la première chose que j’ai faite, c’était de manger un abricot.

Histoire de retourner encore un peu là-bas, tout en bas, avec la menthe sauvage et les rivières pleines de grenouilles.

Et toi, vous faisez quoi cet été ?

crédit photo : © youcantstealmylove, © Cordessurciel.fr

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3 commentaires

  1. Cet été, c’était la dernière fois que je partais avec mes parents, alors ils ont vu les choses en grand : road trip en Californie tout le mois d’août! J’oublierai jamais : les étoiles d’Hollywood Blvd, les french toast de San Francisco, l’odeur des sequoias géants…
    Juste aussi pour dire que je suis tombée par hasard sur ton blog, j’aime bien ton style d’écriture. Je pense qu’on se retrouve toujours un peu dans tes articles et on se sent moins seul. J’ai pris l’habitude depuis 2 semaines de lire un de tes articles en prenant mon café après le déjeuner, continue!

  2. Tu sais j’ai encore tes 2 savons que tu m’avais offert :D
    Et ça ne m’étonne vraiment pas que tu soies allée voir le Parthénon ( pensée pour ta maman ♥ :] ).
    J’aimerai bien aussi partir en vacance. Ça fait 3 ans que je ne suis pas partie car je bosse. Mais je suis obligée car j’en ai besoin :/
    Ça me rend triste aussi. Mais j’essaie de penser le moins possible à ça.

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