V comme Végé : Pakoras (beignets de légumes)

Mais quelle productivité les enfants, je m’épate moi-même ! Il y a une semaine, j’ai acheté trois piments en me disant que j’étais ouf dans ma tête mais que j’allais pouvoir en faire un truc, c’était obligé. J’avais dans l’idée de faire une pâte de piment à conserver pour pouvoir en mettre dans ma sauce salsa à la place du tabasco. Finalement, avant-hier je m’y mets, et je me loupe plutôt magistralement. J’avais cherché une recette sur internet, on y mettait de la tomate, du poivron, de l’oignon, de l’ail, et du bouillon de légume. Résultat j’avais une espèce de sauce liquide, pleine d’eau, d’une couleur ressemblant vaguement à du vomi de chat, et au goût… inexistant, tellement le piment t’arrache les yeux de la tête. J’ai rajouté du sucre, un peu de jus de citron, bon. Je mets au frigo en me disant qu’il va falloir la manger, cette sauce, donc je me demande avec quoi.

Entre temps Monsieur était allé me chercher des légumes, était revenu avec un poireau, des carottes (oranges et violettes), et je me disais mais que vais-je faire de tous ces trucs délicieux ? Sûrement pas un pot-au-feu. Rapport à la rime et à l’absence de viande à mon domicile.

Mon grand kif dans la vie, c’est la cuisine indienne. J’en suis inconditionnellement fan depuis que je l’ai découverte par hasard, au resto avec Monsieur Chéri et ses parents, et depuis dès que je pense bouffe indienne, je pense « orgasme papillaire », « jouissance gastronomique » ou encore « masturbation masticatoire ». C’est mon grand délire, mais je vais vous avouer un truc : (attention, ne me frappez pas, ne me jugez pas, façon sinon je vous zigouille à la modération, héhé) la bouffe indienne me fait totalement craquer sur la viande. Quand je vais dans un resto indien, j’ai toujours trop envie de prendre leur poulet trop bon là, ça me soule. Parfois je craque (pas taper j’ai dit !!), d’autres pas… car… attention… roulement de tambour…

LES PAKORAS

Les pakoras sont des beignets de légumes frits. J’ai vu plusieurs recettes passer avant de me décider, dont beaucoup consistaient à faire tremper des boules de légumes dans la pâte à beignet, pour ensuite frire le tout. Ma solution est beaucoup moins casse-bonbon, et franchement c’est d’une simplicité rare à faire. Ca prend un certain temps, surtout pour une première fois, mais c’est facile et, je pense, inratable. La pâte à beignet est réalisée avec de la farine de pois chiche, qui est bien plus riches en nutriments que la farine de blé, et qui absorbe moins l’huile de friture. Elle est donc idéale, je vous recommande chaudement de l’utiliser. Pour cette fois, j’ai fait avec de la farine de blé blanche (T 55) car j’ai été flouée par Carref*ur, qui avait ladite farine de pois chiche il y a une semaine et était en rupture hier.

Avec les proportions que je vous livre, on a mangé à deux comme des gros porcs hier, il me reste 5 beignets pour mon repas de midi et une autre fournée pour ce soir. Je dirai donc, en gros, qu’avec cette recette et une portion de riz basmati cuit à l’indienne, avec une sauce aux noix de cajou, vous pouvez tout à fait nourrir 4 personne pour un dîner délicieux et pas si cher. Vous êtes prêts ? En avant !

Montagne de pakoras !

Ingrédients pour 4 personnes :

  • 1 poireau
  • 4 carottes
  • 2 pommes de terre
  • 1 oignon
  • 2 bols de farine de pois chiche
  • 4 gousses d’ail pressées
  • 3 càs de coriandre moulue
  • 3 càs de cumin
  • 1 càs de gingembre moulu (ou 2 cm de gingembre frais râpé)
  • du jus de citron (à l’oeil, donc ayez une petite bouteille de jus de citron plutôt que des citrons pressés)
  • sel, poivre
  • huile de friture

Ustensiles :

  • un grand bol (pour mesurer la farine, c’est assez aléatoire parce que j’ai fait beaucoup plus de légumes que dans la recette d’origine donc j’ai dû adapter à l’oeil)
  • un grand saladier
  • un wok (j’ai étrenné mon wok pour cette recette et sérieusement la friture dans le wok c’est une tuerie)

Comment que c’est qu’on procédure ?

Alors déjà on apprend le français, merci bien.

1. Si vos légumes sont frais — ce que je vous conseille —, faites les cuire au préalable, à la vapeur ou à l’eau. (j’ai fait à l’eau, sans rien ajouter à l’eau de cuisson. Ce fut long.) Pour ce faire, émincez-les le plus fin possible : fines lamelles de poireaux, fines tranches de carottes et de pommes de terre. Si vous faites à l’eau, faites les bien égoutter avant de continuer.

2. Dans le saladier, mélangez la farine et les épices, puis l’ail pressé. Salez et poivrez.

3. Ajoutez les légumes, puis le jus de citron. Le jus de citron humidifie la farine, il faut y aller à l’oeil et aussi au goût. Si vous prene une cuillère du mélange (légumes + farine + jus), ça a le goût de jus de citron, sans être tout à fait désagréable. Le goût en lui-même disparaît à la cuisson. Ca, combiné à l’eau que contient encore les légumes, va enclencher le processus d’agglomération de la farine et des épices autour des légumes , et tout cela va se transformer en une espèce de grosse pâte. Les légumes sont plus ou moins enrobés de pâte colorée et qui sent bon, c’est merveilleux, c’est délicieux. N’hésitez pas à mélanger longtemps, parce qu’il y en a des légumes à enrober…

4. Dans le wok, versez un fond d’huile de friture, et faites la bien chauffer. Comment savoir que l’huile est chaude ? Prenez un peu d’eau au bout de vos doigts et jetez-la dans le wok. Si ça crépite et éclabousse, c’est OK. Sinon, allez en Prison, ne passez pas par la case Départ, ne recevez pas 2000 €.

5. Avec une cuillère à soupe, prélevez un peu de pâte, ça doit faire une cuillère à soupe bombée, et déposez-la dans le wok. Répétez l’opération jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place dans le fond du wok. J’ai pu en faire jusqu’à 5 par bain. Laissez la pâte frire et dorer toute seule comme une grande pendant environ 3 minutes, puis retournez le beignet pour qu’il cuise de l’autre côté. Vérifiez que la surface du beignet devient dorée et croustillante, puis égouttez le beignet et posez-le sur une feuille de papier absorbant.

Ces beignets peuvent être faits à l’avance, et réchauffés au four pendant 10 minutes à 100°-120° C. Ce qui est pratique parce que le temps de tous les faire, les premiers sont froids.

Pakoras vegan

Donc moi, perso, si on s’était pas jetés dessus comme des morfalous avec Monsieur, j’aurais accompagné ça d’un riz basmati et d’une sauce aux noix de cajou, bien fondante et pas trop salée. N’hésitez pas à y aller sur les épices dans la farine, c’est ce qui va donner toute la saveur indienne aux beignets, of course. Perso j’ai suivi les proportions de la recette de base, me disant que les doubler serait vraiment too much, et finalement, moi qui aime les épices, j’ai trouvé ça not enough. Vous pouvez également rajouter du piment en poudre, si vous kiffez le danger. Comme nous on a trempé ça dans notre sauce qui arrache la gueule, je me suis abstenue.

Bon. Voilà. Vous savez quoi manger ce soir, non ? Bon appétit les pandas !

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6 commentaires

  1. Chère jeune idiote,

    Je parcours ton blog de ci de là depuis quelques jours et je commente sur cet article car sûrement je meurs de faim et tes pakoras ont l’air à tomber par terre !

    ANYWAY, je tiens à te féliciter non seulement pour la diversité et la qualité de tes articles, pour ton sens de l’humour et ta répartie, et pour ton blog VG qui change. Qui change parce qu’il n’est ni moralisateur, ni pessimiste, ni bobo qu’a tout vu qui sait tout, mais parce qu’il respire la sincérité et la bonne volonté et donne envie de se lancer dans cette voie. Vraiment bravo car des tonnes d’autres blogs (même parmi les plus connus VG) sont juste parfaitement ennuyeux, sévères et péteux. Même tes photos sont chouettes, sans trop de chichis, pas besoin de mettre en scène un poireau dans son salon à côté d’une bougie et de galets parfumés pour nous prouver que tes pakoras ont l’air juste énormes ! Bref, j’apprécie. Je crois pouvoir dire que je partage grand nombre de tes idées ou en tout cas je me retrouve dans tes témoignages.

    Voilà merci, bravo et à bientôt.

    1. J’avoue que mes photos seraient peut-être un poil plus jolies niveau qualité si j’avais un véritable appareil photo… je fais tout à l’iPhone là.
      Mais bon je suis pas photographe culinaire donc ça restera fait sur un coin de table juste avant de tout dévorer :P
      Merci pour ton commentaire, à bientôt !

  2. Quoi ! Aller dans un restaurant indien et craquer sur la viande ?! C’est pas pour te faire la morale, vu que je suis pas végétarienne, mais souvent les restaurants indiens ont des plats végétariens qui sont trop trop bons, c’est parfois dommage de passer à côté en prenant de la viande.

    1. Les restaurants indiens où je vais n’ont pas beaucoup de choix (je ne les ai pas tous testés évidemment), une fois que tu as goûté les pakoras et les fondues de légumes c’est un peu restreint… en tant qu’apprentie-vg je ne suis passée à côté de rien, j’ai bien entendu tout testé avant de me tourner vers le poulet. Pardon, mais c’est trop bon.
      Cela dit ça reste exceptionnel, je préfère faire la cuisine moi-même ^^

  3. Génial comme idée! En plus je peux pas manger de gluten, et dans mon stock de farine de tout un tas de truc improbable j’ai la fameuse farine de poix chiche, of course! Plus un énooooorme panier de l’amap que je sais pas toujours quoi faire, la soupe ça va un moment, je suis super contente de trouver ta recette. Merciiiiiiiiiiiii !

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