Jamais safe dans la rue

Cet après-midi, Crêpe Georgette lançait les 22 commandements de l’homme féministe, et les réactions face à son 3ème commandement ont été très virulentes.

« Keuwaaaah ? On devrait traverser la rue pour éviter qu’une pauvre meuf hystérique et parano se sente en insécurité ? et puis quoi encore ? Cent balles et un mars ? » Pourquoi pas, tiens.

Face à ces tweets violents et minimisateurs, @The_Economiss et @mrsxroots ont lancé le hashtag #safedanslarue (une compil par Myroie ici), invitant les femmes à partager leurs réflexes et leurs automatismes pour se sentir, au moins un peu, en sécurité dans la rue. J’ai tweeté à de nombreuses reprises en utilisant ce hashtag, et j’ai suivi pendant des heures les différents tweets qui ont suivi, mais j’ai décidé d’en faire un billet complet parce que j’estime que plus on parlera du harcèlement de rue et de la peur permanente qui pèse sur les femmes, plus notre parole aura du poids. Un jour peut-être on arrêtera de nous dire que ce qu’on vit est un « cas isolé ».

J’ai été agressée pour la première fois de ma vie j’avais onze ans. J’étais au collège, je revenais de la piscine. Comme c’était le dernier cours de la journée, nous étions lâchés après la séance et pas obligés de suivre les profs qui rentraient au collège, leur responsabilité était levée. Je marchais lentement, mes écouteurs enquillés, j’écoutais de la musique très fort et j’ai laissé le groupe me distancer. Il faisait grand jour, les oiseaux chantaient, tout allait bien.

Et soudainement j’ai senti que quelqu’un me suivait. Ce quelqu’un était beaucoup plus grand que moi, et il me suivait de près. J’espérais un peu naïvement que ce soit un troisième du collège qui me faisait une blague. J’ai marché vite, les yeux rivés sur le sol, ma main fermement serrée sur mon portable dans ma poche. Mais j’avais oublié que mon MP3, lui, pendait négligemment accroché autour de mon cou (oui, un jour ça a été à la mode OK). Dans la rue même de mon collège, à quelques mètres de la sécurité, le type m’a subitement dépassée, s’est retourné vers moi, m’a lancé un regard de tueur et m’a arraché mon MP3, puis s’est barré en courant.

Finalement, rien de grave hein. En fait.

J’avais onze ans, je suis rentrée au collège et je me suis mise à chialer, traumatisée. Je n’ai jamais oublié que j’avais été suivie pendant plus de deux kilomètres par un mec qui me voulait du mal. Jamais.

Déjà à l’époque, je savais que si quelqu’un marchait si près de moi, c’était mauvais signe pour ma gueule. J’espérais que ce soit un grand du collège, mais je savais que ça pouvait être n’importe qui d’autre, quelqu’un de malintentionné, quelqu’un qui voudrait me frapper, ou me violer. A onze ans, je n’étais déjà plus insouciante en marchant dans la rue sous le soleil, putain.

Sur Twitter, j’ai dit ça :

Pardon, maman, je crois que je ne t’ai rien dit, je ne voulais pas que tu t’inquiètes. (ma maman est abonnée à mon blog, elle m’envoie des mails en mode « je t’aime ma fille »)

L’an dernier, en janvier, j’ai décidé de faire le don du sang pour la première fois. Après avoir mangé, j’ai pris le métro, je suis rentrée chez moi. J’étais pas au top de ma forme, un peu faible, mais ça allait. A une rue de chez moi (oui, encore, décidément), j’ai vu trois types qui avaient l’air mal en point. L’un d’eux était écroulé par terre. Je n’avais plus de batterie sur mon téléphone, je me disais zut, si j’en avais eu, j’aurais pu appeler les secours. J’ai failli m’arrêter pour leur demander si ça allait.

Mais j’ai jamais pu parce qu’en arrivant à leur hauteur, celui qui était par terre s’est relevé et s’est rué sur moi. Il m’a plaquée contre un mur, et a commencé à me donner des coups de pied dans le ventre. Sans rien dire, avec toujours ce regard de tueur, décidément.  J’ai vu ma vie défiler devant mes yeux, et une pensée m’obsédait : avec ma batterie à plat, je pourrais crever dans le caniveau, personne n’en saurait rien avant longtemps.

Ce jour-là, j’ai eu de la chance. Les deux autres mecs étaient plus cools, l’un a arraché mon agresseur de moi en hurlant « mais ça va pas c’est une meuf putain ! » (ça justifie rien mais paradoxalement en entendant ça j’étais très heureuse d’être une meuf), l’autre a tenu à me rassurer longuement avant que je rentre. Il m’a tenu la jambe pendant cinq minutes pour s’assurer que je n’allais pas porter plainte, pour me dire qu’ils allaient éloigner ce type de moi, et que tout irait bien. Pendant ce temps, j’avais mal, je réprimais une crise d’angoisse, et je n’avais qu’une envie : me ruer chez moi. A une rue de là.

Je suis rentrée chez moi à reculons, j’avais peur qu’ils me suivent. J’ai fermé la porte de l’immeuble à clef, chose que je ne fais jamais. A peine la porte fermée je me suis mise à hurler de terreur et j’ai gravi les escaliers avec la plus grande peine du monde. Mon mec m’a ouvert la porte, affolé, j’étais en larmes, en sueur, pleine de morve et d’angoisse. Ça a mis plus d’une heure à redescendre.

Pour être #safedanslarue, j’avais suivi les conseils de ma maman : j’évitais de sortir la nuit tombée, et quand je rentrais de la fac tard, Monsieur Chéri venait souvent me chercher. Mais finalement c’est en plein jour (au vu de tous et personne n’a rien fait, hein), que je me suis fait frapper plusieurs fois au ventre, plaquée contre un mur, juste parce que je passais par là.

J’ai mis plus d’un mois à pouvoir aller à la station de métro sans me faire accompagner par mon mec. Plus d’un mois pour arrêter de l’appeler en sortant du métro pour qu’il vienne me chercher, tout en me demandant si c’était pas too much, si j’abusais pas un peu quand même.

Un soir en rentrant de la fac, un mec en voiture a fait mine de m’écraser pour entamer le dialogue avec moi. Il m’a frôlée avec son pare-choc, et s’est marré. Je l’ai fusillé du regard, et j’ai voulu passer devant sa caisse pour continuer mon chemin. Il a avancé à nouveau sa voiture. « Allez mademoiselle, viens on discute ! C’est quoi ton nom ? C’est quoi ton numéro, t’habites où ? »

Un jour un mec m’a suivie de chez moi jusqu’au métro pour me demander avec insistance mon prénom, mon nom, mon adresse, et si je voulais bien être la mère de ses enfants. « T’as un copain ? mais c’est pas grave allez, je gagne bien ma vie, viens ! »

Un jour en sortant garer ma voiture, un mec m’a reluquée de haut en bas en me barrant la route pour ensuite décréter « eh ben ça s’arrange pas dans le coin ».

Alors oui, désolée messieurs. Depuis, j’ai peur. Tout le temps. Je me sens menacée, tout le temps. Et j’aimerais vraiment bien que vous changiez de trottoir quand vous marchez juste derrière moi. Ou que vous ralentissiez beaucoup. (pas que vous me dépassiez, je flippe toujours autant, mais ça c’est perso, je vous en veux pas, allez) Ou que vous fassiez semblant de téléphoner.

Si vous faisiez ça, peut-être que je sortirais plus. Peut-être que je ne m’interdirais pas d’aller au ciné ou au bar sans mon mec. Peut-être que je ne choisirais pas systématiquement de mettre un pantalon et des chaussures plates pour sortir seule, de jour comme de nuit. Je ne ferais pas semblant de savoir où je vais tout le temps, d’écouter de la musique, je n’emmerderais pas mes potes à les appeler randomly quand je passe dans les quartiers chauds, pour être inemmerdable. Peut-être qu’à chaque éclat de voix quand je passe, je n’aurais pas l’impression que c’est à moi qu’on s’adresse. Peut-être qu’un jour, ce ne sera plus à moi qu’on s’adressera. Peut-être que j’arrêterais de rentrer ma tête dans mes épaules, de fixer le sol, d’enfoncer mes mains dans mes poches, de serrer mon sac contre moi, de marcher vite. Peut-être que j’arrêterais de faire des détours, parce que les rues sont trop étroites, trop mal éclairées, pas assez fréquentées. Peut-être que si vous me laissiez passer, aussi, quand vous êtes en groupe dans la rue, si vous repliiez vos jambes, sans mater mon cul, sans me faire de commentaires dégueulasses, peut-être qu’alors j’arrêteraismoi, de traverser la rue quand je vous vois les jambes étendues en travers du trottoir. Peut-être que je n’aurais plus directement peur quand des hommes se dirigent vers moi dans la rue, peut-être que je pourrais enfin envisager qu’ils viennent en amis, me demander quelque chose qui ne soit pas la mainmise sur mes effets personnels ou une faveur sexuelle.

Peut-être que j’aurais moins envie de tous vous mettre dans le même panier. Si vous faisiez tous un effort.

J’ai grandi dans la peur du viol et de l’agression. Je suis passée de la protection de la main parentale en traversant la rue, toujours accompagnée, à la marche seule et terrifiée. Je ne sais plus vraiment me promener. Je ne sais plus vraiment apprécier d’être dans la rue seule, ce n’est plus jamais un réel plaisir, je suis toujours aux aguets. Alors je ne vais sûrement pas m’excuser de ne pas prendre le temps de scruter votre âme pour savoir si vous êtes « comme ça », pour savoir si vous voulez l’heure ou bien me baiser. Je n’ai pas le temps. Il ne faut qu’une micro-seconde pour passer de la situation où je marche tranquillement, sans rien demander à personne, à celle où je suis plaquée contre un mur avec un genou qui pilonne mes côtes.

Je voudrais pouvoir être safe dans la rue. Vraiment. Faites un effort, s’il vous plaît. Vous qui aimez tant les femmes.

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39 commentaires

  1. Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce que tu décris dans ton bulletin. Si ce n’est mes propres mésaventures (Et il y en a pas mal, évidemment) ça ne servira pas à grand-chose « qu’une de plus » se plaigne; si ? Perso, ça a commencé aux environs de douze ans, étant pas mal formée, je faisais plus. Et alors ? Est-ce que c’était vraiment une raison valable ?
    Bref.
    Un truc à dire à propos de ça : C’est l’un des premiers « avantages » que j’ai trouvé dans ma petite tête, lorsque j’ai su à deux reprises que mes enfants seraient des garçons : Ils se feront peut-être moins emmerder dans la rue et je serai moi, maman, un peu moins inquiète de les savoir dehors. Merci les gars.
    (Toi et ton blog vous êtes supers, je l’ai découvert aujourd’hui, je ne vais plus vous lâcher)

  2. Salut. Je découvre ton blog et j’ai dévoré ton article.
    Je crois que chaque femme pourrait écrire un article avec le récit de ses expériences dans la rue, on en a toutes des mauvaises, malheureusement. Et je ne suis pas très surprise de la réaction de beaucoup d’hommes étonnés, qui ont l’impression qu’on ne partage pas les mêmes rues, car oui, la situation est très différente. Je n’ai jamais eu de problème majeur dans la rue (je me suis fait suivre mais sans suite, agressée verbalement bon nombre de fois, mais rien d’exceptionnel non plus), mais à cause des remarques permanentes de certains individus de la gente masculine, je choisis mes heures quand j’ai envie de flâner dans la rue, et j’ai tendance à me méfier, comme tu le notes très bien, de TOUS les hommes. J’habite à Madrid depuis quelques mois (le problème en Espagne est le même qu’en France, contrairement à ce que disait un commentaire sur la tranquillité des rues italiennes), et récemment un homme est venu me demander du feu, le pauvre a du me faire des signes désespérés pour que je comprenne qu’il voulait simplement un briquet et qu’il n’avait aucune mauvaise intention. Cette expérience m’a fait réfléchir à comment je (et les femmes en général) me ferme une fois dans la rue, et comment je passe sans doutes à côté de beaucoup de choses, parce que j’ai toujours la peur au ventre, que je considère tout homme comme un emmerdeur potentiel. C’est triste, mais je continue à sortir et à rentrer à l’heure que je veux, je refuse de m’empêcher de profiter de la vie pour ça, et de toutes façons, comme tu le disais très bien, une agression peut tout aussi bien arriver de jour. Les cours d’autodéfense féminine m’ont aussi beaucoup aider à prendre confiance en moi, et je sais qu’au Québec, il y a des cours spécifiques pour les petites filles, pour qu’elles apprennent à prendre confiance en elles, et à se défendre aussi bien verbalement que physiquement, si c’est nécessaire.
    Au plaisir de te lire.

  3. Eh bien… C’est pas tres rassurant tout ca… J’ai quitté la France il y a 16 et a l’époque etre « un gros lourd » n’était pas bien vu et socialement inacceptable. J’ai l’impression que les choses ont bien changé et je me pose des questions: est-ce un probleme Francais ou « latin » (je n’ai jamais vu ce genre de comportement équivalent dans les pays du Nord)? Est-ce un probleme de génération (« tout, tout de suite »)? Simplement d’éducation (absence d’empathie et manque politesse)? Je m’efforce, dans la vie de tous les jours, d’etre courtois et attentif a mon prochain (homme, femme, enfant) et c’est un plaisir immense quand on me rend la pareille. Rassurez-vous: il existe encore des gentlemen sur cette planete.Enfin, derniere chose: blog tres bien écrit, ajouté a mes « bookmarks ». Félicitations, bonne continuation et surtout bon courage!

  4. Quand il commence à faire nuit, j’appelle mon copain pour qu’il me raccompagne en voiture. Quand je sors en boite, je mets un jean, des chaussures plates et un gros pull pour qu’on me laisse tranquille et pouvoir courir. Quand je dois rentrer la nuit, j’ai la main dans ma poche de manteau, le point serré autour de ma bombe à poivre. Quand je vois des gens en face le soir, je change de trottoir. Je n’écoute jamais de musique dans la rue, trop peur de ne pas entendre le danger arriver.
    Je ne me sens jamais en sécurité, non.

  5. Merci pour cet article. C’est là que je me rends compte que je vis dans un coin « plutôt calme ».
    Il y a, en moi, un refus de ne pas rentrer tard parce que je suis une fille. Parce que j’aurais l’impression de nourrir l’idée « qu’il ne faut pas », parce que je me dis que plus il y aura de femmes qui sortent le soir seules, plus ce sera normal, habituel, banal.
    J’ai déjà eu quelques situations inquiétantes (être suivie, entendre des propos indécents…) mais jamais d’agressions physiques, ni de vol… Je considère que j’ai eu « de la chance » même si ça devrait être « normal ».
    J’ai un réflexe assez irrationnel pour me rassurer…: je chante. J’ai mes écouteurs (ou pas), le volume n’est pas fort. Et je chante. Je doute que ce soit efficace pour se protéger, mais ça l’est pour me rassurer. On me trouve peut-être un peu timbrée :-D.

  6. Je viens de découvrir ton blog (bravo!) et je voudrais te faire part d’une remarque: ce problème me semble typiquement français, ou du moins ne concerne que peu de pays en Europe. Je ne saurais pas dire pourquoi. Je reconnais mes années françaises dans ton post; en revanche je vis depuis douze ans en Italie (dont sept ans dans deux grandes villes, en centre et en banlieue) et je n’ai jamais, ne serait-ce qu’une seconde, ressenti la moindre insécurité. Et pourtant je suis rentrée chez moi à n’importe quelle heure de la nuit à pied ou dans des bus à moitié déserts, en jupe ou pas, pendant toute la durée de mes études: rien, aucune tension, aucun regard de travers, personne ne m’a jamais suivi. En France, ça ne me serait jamais passé par la tete! D’ailleurs en France, mon moniteur d’auto-école m’avait conseillé de bruler les feux la nuit, car selon lui, j’avais moins de chance de causer un accident que de me faire agresser à l’arret! Certes les Italiens regardent les passants d’une manière qui peut sembler insistante, mais c’est parce qu’ici, on regarde les gens au lieu de regarder ses pieds. Il est malheureusement impossible de leur exliquer le problème d’insécurité des femmes en France sans passer pour un individu d’extreme droite passionné de faits divers. Bref, tout ça pour dire qu’il existe des sociétés dans lesquelles les femmes sont « safe dans la rue »! Pourquoi? Peut-etre à cause de l’éducation, du role de la famille, du coté maternel des profs (j’ai enseigné dans six collèges et lycées, ça m’a frappé). Bon, à part ça la femme italienne n’a pas une place facile, mais c’est un autre problème. Elle peut au moins se promener en toute sécurité dans la rue.

  7. Merci pour ton témoignage… Il est très poignant et touchant. Je ressentais chaque mot, car cette peur me paralysait également.
    Aujourd’hui, j’ai pû dépasser ça. Je n’ai plus peur. Je sais que je peux dérouiller pour d’autres raisons… mais bizarrement, à mon époque adolescente (où j’ai vécu agressions, et abus sexuels), je n’ai plus peur…

  8. Je me reconnais malheureusement dans cet article. Je n’habite pas de banlieue ni même de grande ville. Je suis depuis quelques années en bord de mer tranquille et même sur le sentier côtier, je prends mes précautions, je fais toujours attention de ne pas m’habiller de manière à « attirer les regards » et je m’arrange pour pouvoir fuir à n’importe quel moment. J’ajouterai que dans les lieux publics, je ne tourne jamais le dos aux gens, dans les bars, je m’assoie toujours dos aux murs… Quand je marche, je vérifie toujours si quelqu’un me suit, je m’arrange pour laisser passer les gens, même quand j’essaie de flâner, je veille toujours. Et quand je marche en famille ou en groupe, je m’arrange pour ne jamais laisser l’impression à des femmes que je pourrais les suivre. Je change souvent de trottoir quand je vois des hommes de loin et sinon, les croiser est toujours source d’inquiétude. Bienvenue dans mon monde! :-(( Comme j’aimerais que cela soit différent pour ma fille…

  9. Bonjour Pauline !

    Il m’est arrivé de parler aux filles, dans la rue. Avec les minimums de courtoisie que la rencontre d’une inconnue en pleine rue exige : un « bonjour », une attitude ne laissant aucun doute sur le fait que la fille puisse repartir et stopper la conversation à tout moment, et en respectant une certaine distance.

    Et bien quels moments ! On récolte des remerciements.

    Messieurs, il faut donc pas grand chose pour que ces demoiselles se sentent en sécurité dans la rue. Mais si ce « pas grand chose » est partagé par tous, c’est énorme.

  10. Une fois de plus, je suis d’accord avec toi.
    Merci a ceux qui appliqueront ce commandement car cela sera source de soulagement pour beaucoup de femmes.

  11. Bon, bah je suis un mec, et je ne comprends pas.
    Je ne nie pas qu’il y a un problème, mais je découvre qu’on a vraiment une expérience qui n’a absolument rien à voir de la rue, à croire qu’on ne se balade pas dans les mêmes rues, c’est impressionnant.
    Bien sûr j’ai déjà eu des crasses dans la rue, on en a tous eu un jour ou l’autre, mec, ou fille, et ce n’est pas agréable, mais ça n’en est pas devenu une peur permanente et quotidienne.

    Changer de trottoir ? Ca ne me serait même pas venu à l’idée, alors je sais que marcher derrière quelqu’un est angoissant, donc j’ai tendance à dépasser rapidement, mais changer de trottoir ? Sommes nous totalement incapable de cohabiter sur un même trottoir ?

    Je suis très mal à l’aise face à cette proposition, parce que j’ai l’impression qu’on accuse l’homme en tant que sexe, en raison du comportement débile d’une minorité (du moins j’espère que c’est une minorité), que je suis coupable de vous oppressez, vous agressez même, juste en marchant sur un trottoir le soir. En marchant innocemment sur un trottoir, sans volonté de suivre ou de faire peur, juste de rentrer chez moi, souvent fatigué et donc pressé.

    Je suis un homme, suis je donc forcément un danger ? C’est un peu ce que je comprend de la « culture du viol » (notion toute récente pour moi), que les femmes sont menacées par la simple existence de l’homme. Et ça me gène, ça me dérange.
    Ca me dérange tant parce que vous vous sentez menacés, que parce que vu vos témoignages, il y a de quoi.
    Mais quand je lis ces témoignages, j’ai l’impression qu’on ne vit pas dans le même monde, finalement qu’on vient de mars et vous de vénus…

    1. Mais si tu fais déjà quelque chose (ici, tu dis souvent dépasser les gens parce que tu sais que ça peut mettre dans l’inconfort), pourquoi tu t’en fais ?
      Et effectivement, en tant qu’homme, tu ne te balades pas dans les mêmes rues qu’une femme. C’est comme ça, c’est pas grave, profites-en. Tu ne te balades pas dans la rue en craignant de te faire mater, tripoter ou violer, parce que ça arrive ET parce qu’on t’a élevé dans cette peur. Donc « on en a tous eu un jour ou l’autre », des crasses, certes, mais elles n’ont pas la même teneur, c’est tout.
      Il n’y a vraiment aucune utilité à observer un phénomène dérivé de la culture du viol et à réagir en disant « ouin, mais moi je suis pas comme ça, tous les hommes sont pas comme ça, faut pas faire une généralité », d’autant que c’est rarement le propos tenu. Seulement on va pas adoucir la réalité qui est que les femmes se font majoritairement agresser dans la rue par des HOMMES, pour que les HOMMES (mais les gentils hein, pas les méchants) se sentent pas mal à l’aise face à cet état de fait.
      Si tu n’es pas un agresseur, vis ta vie et ne culpabilise pas là où il n’y a pas lieu de culpabiliser.

      1. Ce n’était pas l’objet de mon intervention que de faire un « ouin je ne suis pas comme ça », mais je me suis sans doute mal exprimé.
        Non, ma surprise et mon malaise relèvent plutôt de la découverte de cette approche différente qu’on peut avoir de la rue en fonction de son sexe.
        Clairement, je n’en avais pas conscience avant de lire cette page et de là viens ma surprise. Je ne suis pas totalement nié, je sais que les filles n’aiment pas la rue le soir, je suis en revanche stupéfait de l’ampleur de cette peur, voilà tout.
        Je pense honnêtement que la grande majorité des hommes sont, comme moi, sans conscience de cet écart, et qu’il n’est pas facile d’en prendre conscience quand on n’est pas, et qu’on ne pourra jamais être dans votre situation.
        Je te remercie pour ta réponse.

  12. Je suis un homme blanc. You can’t even hurt my feelings a dit Louis C.K.. Honnêtement, je n’avais pas conscience que c’en était à ce point. Et pourtant, j’en connais dans mon entourage qui ont cette peur. Mais ça reste mon entourage, et je sais que ça n’est pas une généralité. Ou plutôt, je sais que ça n’en est pas forcément une. Apparemment, pour ce coup-là, c’est répandu.
    J’ai été assez choqué par le hashtag et les réponses, autant dans les extrêmes (« je ne sors plus que si c’est absolument nécessaire ») que dans la masse de réponses.

    Ce genre d’article me conforte dans mon idée. Oui, je vais faire plus gaffe dans la rue. Si un geste du quotidien peut aider les autres, il n’y a aucune raison de ne pas le faire.

  13. Je suis un peu gêné par cet article…
    Je ne cherche absolument pas à nier le problème que tu dénonces, mais quand je lis le conseil de Valérie, je n’arrive pas à faire le lien. Vous vous sentez en insécurité dans la rue à cause de certains, mais pas ceux qui liront les conseils de Valérie. Admettons que tous les « mecs gentils » changent de rue, je ne vois pas en quoi la situation serait améliorée.
    J’imagine qu’il doit me manquer un élément, je sais que t’as la patience de lire tous les commentaires (espèce de folle, va !), je serais ravi d’avoir ton éclairage :)

    1. Ce n’est pas une « solution pour régler tous les problèmes liés au sexisme de toute la terre », c’est « un petit truc pour aider quelqu’un à se sentir peut-être un peu mieux quand il marche dans la rue ».
      On n’est pas stupides, on sait bien que tous les mecs qui marchent derrière nous ne sont pas des agresseurs, du coup c’est juste un petit coup de pouce pour qu’on puisse se détendre.

  14. J’ai l’impression que malgré le déni, les trolls et les manifs sexistes, pas mal de langues se délient en se moment.
    Je me sens moins seule.
    Il faut pas redevenir silencieuse, il faut continuer à dire que c’est insupportable.
    Merci pour tes billets Pauline.

  15. C’est fou, je me retrouve tellement dans ton article que j’ai presque l’impression que c’est moi qui l’ai écrit (ouais enfin je suis peut-être moins éloquente ceci dit). Moi aussi je grandis dans la peur du viol et de l’agression. Je le dis au présent parce que je n’ai que 15 ans, en fait.
    Et pourtant, je n’ai jamais vécu de mauvaise expérience, voire même pas d’expérience du tout (à part un schizophrène qui m’a couru après dans rue en rentrant chez moi, mais il n’a rien tenté). J’ai tellement cette peur permanente et exagérée que j’ai l’impression de m’être déjà fait agresser, mais pourtant, rien. Sauf des insultes, mais ça, c’est tellement banal, hélas.
    Bref, toutes ces choses que tu dis, les grand détours, le choix judicieux des rues, le balayage à 360° pour vérifier qu’on ne soit pas suivies, toutes les techniques infaillibles qu’on est obligées d’élaborer avant de sortir de chez nous… tout ça me parle, parce que ce sont exactement les mêmes gestes que je fais. Et même, je passe pour une parano auprès de mon entourage. Je dois avouer que ça m’offense un peu, comme si c’était moi qui avait un problème…
    Bref, en tout cas j’espère vraiment qu’un jour les lieux publics ne seront plus des terrains pour les  »dragueurs » (on va le dire comme ça, hein), parce que c’est pénible de se promener avec une bombe lacrymo cachée dans la manche du pull, même en pleine journée.

    Bonne journée et longue vie à ton blog chère Pauline, tes articles me touchent beaucoup.

  16. Salut jeune idiote!
    Je suis contente d’avoir découvert ton blog. J’avoue être assez souvent en accord avec toi sur les sujets que tu abordes (je ne peux pas dire sur tous car je n’ai pas tout lu!)
    Celui-ci me parle beaucoup et comme je ne suis pas tout à fait en accord je me permet de réagir, de parler de mon expérience et de mon ressenti.
    En rentrant chez moi l’autre soir seule et à pied (2.6 km) j’ai croisé plusieurs personnes, principalement des hommes. Quelques uns m’ont dit « bonsoir » sans autre intention que de dire « bonsoir » et je leur ai répondu, simplement et même parfois avec un sourire qu’ils n’ont peut être pas vu derrière mon écharpe! il y en a même deux dont un qui poussait une moto sur le trottoir qui s’est excusé car j’ai dû marcher sur la route pour les laisser passer! Un autre qui titubait et criait et qui s’est calmé en me croisant et qui a recommencé plus loin (il essayait de réveiller les gens je crois!), un autre qui m’a dépassé avec juste un coup d’œil et moi aussi. Je regarde souvent les gens que je croise dans la rue, même la nuit. certains sont surpris et se détourne, d’autres n’ont pas de réactions et d’autres souris et disent parfois bonjour/bonsoir. Bien sûr que cela m’arrive aussi de ne pas me sentir à l’aise dans la rue et même d’avoir peur car il est vrai que lorsque j’étais petite on m’a souvent dit de faire attention aux inconnus et de ne pas rentrer de nuit, et si je m’étais fait agressée je me sentirais sûrement beaucoup moins en sécurité. Je souhaite que cela ne m’arrive pas (touche du bois et de la peau d’singe!) et plus jamais à qui que ce soit d’ailleurs! J’adore errer dans la rue et m’arrêter parfois pour prendre une photo ou bien pour regarder une maison que je trouve jolie ou me poser sur un pont et regarder l’eau passer… Et j’aime aussi beaucoup regarder les gens, croiser leurs regards! J’ai envie que tout cela perdure! Merci aux gens qui ont le sourire dans la rue, merci à ceux qui saluent juste poliment pour un sourire en retour sans s’offusquer de ne pas en avoir…

    Quand à ceux qui ne comprennent pas qu’une femme n’est pas qu’une jolie et gentille petite chose présente sur terre uniquement pour leur bon vouloir et qui se croient tout permis, genre te traiter de salope parce que tu ne répond pas à leurs « subtiles » propos, je leur souhaite de tomber dans l’oubli, loin, profondément dans le néant de l’ignorance et de ne trouver aucune oreille ni main tendue à leurs appels au secours. (et si il y en a qui trouvent ça dur et bien tant pis pour eux! « t’avais qu’à être gentil avec la dame! »)

    Bref… Il est vrai qu’il n’est pas toujours rassurant de se sentir suivie dans la rue, j’ai plusieurs fois flippé même sans croiser personne, juste au cas où,pour me sentir prête à réagir à la moindre alerte, je me suis déjà vu changer de trottoir aussi (enfin le plus souvent c’est parce que je vois qu’il n’y a pas la place et donc quitte à être sur la route je traverse), marcher vite les mains dans les poches. J’ai déjà eu des propos vulgaires à mon encontre, sans raison particulière juste parce que j’ai croisé des connards. Mais j’avoue que ça me ferait une drôle d’impression si un homme changeait de trottoir en voyant qu’il va croiser une femme ou bien la dépasser. Je me sentirais mal à l’aise aussi je crois. Et puis, à éviter l’Inconnu(e), est ce que l’on n’entretient pas la peur un peu plus? si cette pratique se répand, n’aurait-on pas encore plus peur de celui qui ne la suis pas, sans pour autant avoir de mauvaises intentions?

    1. Wahou… Mille fois d’accord avec ta conclusion (et pourtant je suis une femme, doublée d’une féministe…). Quoi qu’il arrive on n’aura jamais 100% des « bien intentionnés » qui suivront cette règle, alors tout ce que ça fera c’est augmenter la peur quand quelqu’un ne la suit pas!

      Tu abordes cela beaucoup plus posément que je ne le ferais, chapeau. Moi ça me met hors de moi qu’on exige d’un sexe un comportement particulier pour « prouver » qu’ils ne fait pas partie d’une minorité (indésirable, ici). Ben oui parce que regardons les choses à l’envers : Est-ce que cela ne met pas les féministes hors d’elles(eux)-mêmes quand on dit aux femmes « ne vous habillez pas trop court pour pas qu’on vous prenne pour des salopes qui attendent qu’on les viole »?? A mes yeux c’est EXACTEMENT la même chose qu’on est en train de demander aux hommes! « Ni putes, ni soumises » qu’elle disait… Ben les hommes pourraient dire « ni violeurs, ni assassins », non?

      Enfin voilà, moi aussi j’ai eu mes frayeurs dans la rue, mais ne faisons pas d’amalgame…

  17. Salut Pauline ! (J’ai hésité à commencer mon commentaire de cette façon, mais après quelques secondes de réflexion, je me suis rendue compte qu’il n’y avait aucune raison de ne pas te saluer ; qu’au fond, être cordiale, même dans un simple commentaire, ça ne coûtait strictement rien. Alors bonjour jeune blogueuse, j’espère que ta journée se déroule bien !)

    J’ai découvert ton blog récemment, comme beaucoup, lorsque tu as écrit le billet « mon corps m’appartient ». Mais je n’ai pas osé me manifester à ce moment-là car je fais partie de ces gens qui ne s’acceptent pas ; qui sourient parfois en s’observant dans le miroir ; en se scrutant dans la baignoire ; qui aiment une, voire deux photos d’eux. Mais le reste du temps, je grimace, je me cache de l’objectif ─ et pourtant, dieu sait que mon chéri en voudrait une, de photo de moi, sur son petit téléphone, pour me montrer à ses potes. Ca viendra, j’espère. Le courage que vous avez tous eu sur le tumblr arrivera aussi, j’espère.

    Pour l’heure, je répondrai brièvement à ce billet-ci : parce que je m’y suis « étrangement » (humhum) identifiée. Et que je le montrerai audit chéri ce soir pour lui montrer que « non, je suis pas la seule grosse parano, tu vois ! »

    Je me suis faite tabasser à neuf ans, par des jeunes de mon âge en froid avec mon meilleur ami. Dans mon propre quartier. En bas de chez moi. Parce que j’avais eu le malheur de demander s’ils avaient vu mon pote, justement.

    Je me rends à Genève plusieurs fois par semaine pour mes études et, que ce soit de jour ou de nuit, je ne suis pas rassurée en traversant la gare. Ou en prenant le métro. Ou en rentrant chez moi le soir. D’ailleurs, le chéri est pas rassuré non plus, mais il travaille et ne peut pas venir me chercher (et c’est là qu’on voit qu’il plaisante, finalement, quand il me traite de parano.)

    J’ai beau avoir fait du karate pendant près de dix ans (suite à mon agression dans mon quartier), je ne suis jamais rassurée en sortant, et si je suis seule dans les rues, je fais tout pour rentrer avant que la nuit ne tombe.

    Alors moi aussi, je voudrais pouvoir être « safe dans la rue ». Et ne plus avoir cette boule au ventre dès qu’un-e individu-e s’approche de trop près. Et ne plus avoir à mettre ma musique à fond pour couvrir les éclats de voix qui, malgré moi, me feront toujours croire qu’ils me sont destinés. Parce que je suis une fille ─ et que j’ai les cheveux bleus/roses/rouges/insertacolorhere (quoi qu’on dise, l’allure de la personne la rend victime malgré elle ; elle devient une proie plus facile par sa différence. Magnifique.)

    Une très bonne fin de journée à toi, en espérant te relire bientôt !

  18. Encore un article très fort en émotion, et surtout très fort en révolte. Etant une fille, je me reconnais dans tout ce que tu dis. Mais spécialement parce que j’ai habité 7 ans en banlieue parisienne, et que ma peur a débuté tout comme toi, à l’âge de 11-12 ans : quelle atrocité. En primaire déjà, on me lançait des cailloux parce que : j’étais blonde, j’étais blanche, j’étais jolie. Au collège, on me traite de raciste et on me frappait à la sortie. Mais ça, j’ai conscience que ça ne rentre pas « vraiment » dans le sujet. Tout ça pour dire que j’ai connu la violence très tôt.
    A part ça, j’aimerais dire que ma vie a été un conte de fée. Mais c’est faux. Habiter en banlieue parisienne c’est être TOUJOURS confronter à des choses horribles. Comme assister à un début de viol quand on a 12 ans, dans la rue, mais ne rien pouvoir faire sinon c’est toi qui sera violée. J’en suis toujours traumatisée. Ou se faire racketter par 6 MECS alors que tu es avec ton meilleur ami (gringalet) et ta petite soeur de 10 ans. Se faire suivre par 2 mecs, toute seule, qui te demandent ton numéro. Ce jour, je me suis retourné avec violence prête à leur faire face : « J’ai un numéro oui… mais pas pour vous ». Je me suis sentie tellement puissante, tellement prête à leur mettre mon poing dans la gueule. Ils sont finalement parti.
    Un jour on a voulu me prendre mon appareil photo alors que je prenais simplement quelques clichés. J’ai couru de toutes mes forces. Et j’ai pleuré.
    J’ai détesté, et je déteste toujours, ce manque de sécurité dans la rue. Mais je crois qu’on ne pourra jamais rien y faire… que les délinquants, restent des délinquants.
    Dans le tram, il y a deux jours de cela… une fille de 15-16 ans est rentrée dans le tram, et derrière elle se trouvait un homme d’une cinquantaine d’années, je dirais. J’avais la haine : il la regardait comme un donuts au chocolat, une chose, une viande quoi… comme de la nourriture. J’avais envie de me lever, lui dire de regarder ailleurs. Une gamine de 16 ans. J’aurais préféré, à ce moment, qu’il me regarde moi et qu’il évite ce regard de tueur, de violeur à cette pauvre gamine.

    Les hommes, vous êtes des animaux. La plupart des plaintes sont contre vous, et vous vous étonnez que l’on ne veuille pas vous parler dans la rue? Merde. Juste : merde.

  19. Si les hommes doivent dépasser les filles pour prouver leurs bonnes intentions, on perd l’égalité homme femme. On traite le problème (je ne le nie pas, il existe) par les symptomes, pas par son origine. Moi je veux bien le faire, mais en quoi ça va arranger les problèmes ? En quoi ça va éduquer les mecs qui sont auteurs de ces aggressions ? Et puis si je ne te dépasse pas, est-ce que tu vas commencer à courir pour échapper à ma présence oppressante ?

    Si c’est la peur qui t’inspire ces paroles, ça ne marche pas. Bien sûr c’est légitime, mais pas raisonné. Mon intention est respectueuse, je ne crache pas sur ta peur. Je pense sincèrement qu’il faut dépasser cette peur avant d’aller plus loin, anihiler la peur pour combattre ce qui la provoque. Les mecs qui t’aggressent dans la rue sont des gens qui se perdent, ils n’écoutent pas leur raison, pourquoi est-ce qu’ils écouteraient des femmes leur dire ce qu’ils doivent faire ?

    C’est une des dimensions du féminisme que je ne comprends pas. C’est réactionnaire. Et encore une fois, je suis de ceux que ces aggressions insupportent, et qui se demandent quoi faire et comment être acteur de leur suppression définitive. Je suis de ceux qui aiment les femmes. Mais tout comme on ne résout pas les problèmes d’immigration en renvoyant les étrangers chez eux, on ne résoudra pas les problèmes des femmes en dictant des règles relevant de la galanterie dont bien des hommes sont incapables de saisir la portée.

    … En fait en me relisant je me trouve un peu trop sceptique, mais je ne veux pas supprimer ma réaction première. Alors je vais faire mon auto-critique ! Peut être que l’établissement de ces règles peut être un choc et l’origine d’une réflexion. Et ce même si au final la règle en soit n’est pas efficace au premier degré.
    Il y a quelque chose qui m’inquiète d’une certaine manière : les hommes qui haïssent les femmes n’y verront qu’une raison, une motivation supplémentaire. Et je pense qu’ils sont plusieurs à être dans ce cas.

    1. Voilà un bel exemple de mansplaining…

      Si les hommes doivent dépasser les filles pour prouver leurs bonnes intentions, on perd l’égalité homme femme.

      Mais quelle égalité ? Où tu vois une égalité entre les hommes et les femmes ? Les hommes sont libres de se balader sans peur dans la rue (même s’ils sont en fait plus souvent agressés que les femmes, n’empêche qu’ils n’ont pas la flippe dès qu’ils mettent un pied dehors). Si ta sensation d’égalité entre les hommes et les femmes est mise en danger par l’idée même de traverser une rue pour sécuriser une nana, effectivement wow la fragilité.
      Franchement ça coûte juste rien, si faire un tel effort c’est la fin du monde pour toi et t’en vois pas l’intérêt, c’est dommage. J’espère que tu ne marcheras jamais derrière moi.

      1. je suis également d’accord avec toi sur le manque d’égalité homme femme, et à moi ça ne coute rien de traverser ou de te dépasser. Je le fais. Quotidiennement.

        D’ailleurs j’ai pas vu grand monde le faire autour de moi, ça traverse l’idée de personne de le faire. Et moi j’suis bizarre il parait.

        Jeune idiote ne te trompe pas à mon propos, je partage vraiment ton avis sur le fond, mais je pense qu’on pourrait traiter le problème de manière plus profonde, plutot que supprimer bêtement ses symptômes. Si les rues devenaient safe, est-ce que tu aurais besoin que les mecs te dépassent ? Est-ce que tu aurais toujours cette peur au ventre ?

        Que cette idée soit critiquée avec le même dédain et rejet que la plupart des idées féministes ça ne m’étonne pas vraiment, le monde est encore un peu trop sourd ou trop borné. µMon avis (ça reste ce que c’est, on en conviendra) c’est que malgré l’urgence et la pression des communautés féministes faudrait essayer de faire un pas en arrière et voir plus loin. Et le quotidien suivra. ça parait sans doute utopique, mais c’est comme ça qu’on opère des grands changements durables. Pas en obligeant des mecs en rut ou juste stupide à traverser la route.

        En revanche, et j’aimerais vraiment que ce soit clair pour toi, j’ai trouvé ton témoignage touchant et poignant de réalité, et je trouve que ta démarche est une bonne chose, alors surtout n’arrête pas ;) (j’imagine bien que t’arrêtera pas !)

    2. Nemo,

      Je comprend ton souci, mais il aurait été préférable de ne pas énoncer tes réticences comme si elles étaient des vérités inaliénables (cf ta première phrase, mais pas que), car là tu risque plus de susciter l’énervement que le dialogue :)

      Comme te le dis bien l’auteure, l’insécurité des femmes dans la rue est déja un signe d’inégalité. On ne « perd » rien en le reconnaissant.

      Tu reproche que l’on traite le problème par les symptomes, je pense que tu commets deux erreurs :

      1) Il ne s’agit pas, à la base, de régler le problème. Il s’agit d’agir de manière respectueuse envers quelqu’un que l’on met mal à l’aise. Ca n’a rien de militant, c’est juste du respect. Ce n’est absolument pas de la galanterie, et tout le monde est capable de le faire. Le problème en lui même peut être adressé par d’autres actions.

      2) Une analyse purement causale des problèmes de société est malheureusement très simpliste. La plupart des phénomènes sont auto-entretenus. Ce que tu pense être un simple symptome alimente en réalité les inégalités qui l’ont provoqué. Plus les femmes seront mal à l’aise dans la rue, moins elles ne s’y rendront, plus elles se culpabiliseront comme « imprudentes » en cas d’agression, moins elles auront de force à les dénoncer, plus celles-ci pourront se faire de manière impunie. Moins la rue leur appartiendra. Inversement, respecter leur craintes permet d’inverser le courant. Evidemment c’est secondaire : agir à ce niveau n’est absolument pas suffisant, mais à mes yeux celà peut être en soi vecteur de changement.

      Aujourd’hui, la rue appartient aux hommes. Pas parce que nous, les hommes, nous harcelons ou rejetons les femmes, mais parce que nous ne subissons pas ce harcèlement, et parce que nous pourrions parfaitement décider un jour de nous mettre aussi à harceler, en quasi-impunité.

      Il est aussi bon de se souvenir que en tant que membre actif de notre société, nous sommes en partie responsable du malaise des femmes, responsables du harcèlement lui-même, et surtout, responsables du fait qu’il soit aussi peu puni. Il n’y a pas les femmes d’un coté, les « cons » de l’autre, et les hommes innocents au milieu. Il y a un systeme entretenu par tous, dans lequel nous, les hommes, sommes bénéficiaires.

      Je suis de ceux qui aiment les femmes.

      Beaucoups de gens sexistes aiment les femmes. Je ne dis pas que tu l’es, hein, c’est juste que… ce n’est pas vraiment un argument ;) Tu n’a pas besoin de te justifier sur ce point, et je suis sur que tu aimes les hommes aussi ;)

      J’aurais bien d’autres point à relever, sur le mot « réactionnaire » sur les leçons que tu donnes à celles qui sont mal à l’aise. Mais je pense qu’il y a déja de quoi alimenter ta réflexion.

      Un dernier conseil cependant, si tu découvres une action, et que tu la trouve par exemple inutile, incohérente, non raisonnée, extrémiste, contre-productive, ou autres, il y a de fortes chances que ce soit principalement parce que tu ne la comprends pas. Il y a de fortes chances que les personnes à l’origine de cette action, elles, aient passé plus de temps que toi à réfléchir sur le sujet.

      Il y a de fortes chances qu’elles sâchent ce qu’elles font.

      1. Merci pour la réaction !

        Merci aussi pour le petit tour d’horizon, en effet je m’y prends sans doute mal dans ma démarche.

        A vrai dire cela vient sans doute du fait que je parle dans un contexte ou la majorité des voix sont de celles partageant les expériences de notre jeune idiote, ce qui créé un espèce de passif commun auquel je ne suis pas intégré.
        D’où peut être le décalage de ton. Néanmoins je ne fais pas du tout ça pour dénigrer et surement pas pour contrer la parole de cette jeune idiote.

        Je tâcherais par la suite de m’y prendre à deux fois avant de poster !

  20. MERCI pour ce texte qui, même s’il pointe du doigt une réalité qui me blesse chaque jour, m’a, quelque part, fait du bien. Fait du bien parce qu’il dit tout haut ce qui se passe dans ma tête lorsque je suis seule dans la rue. Souvent, avant de sortir de chez moi, c’est la guerre dans mon cerveau. Je me pose des questions sur ma tenue, sur le chemin à prendre (technique d’évitement bonjour)… Et une fois dehors, c’est le défilé des réflexions accompagnées de regards qui en disent long… Quand j’étais gamine, ma soeur s’est faite agressée dans le bus scolaire par des gamins plus vieux qu’elle : ils ont commencé à la déshabiller, à la tripoter et personne, pas même le chauffeur, n’a rien fait. Je me rappellerai toujours son visage, aperçu par la fenêtre, lorsqu’elle est rentrée du collège, je ne l’avais jamais vue comme ça. A partir de là, je n’étais plus insouciante, mais je comptais sur mon côté « garçon manqué » pour me sauver la mise. Mais maintenant que je suis adulte et que je me souviens du mec qui m’a attrapée par les cheveux dans l’escalator du metro, de celui qui m’a demandé en pleine rue de le suivre pour baiser, de celui qui a voulu me frapper avec son casque de moto parce que je n’avais pas répondu à ses avances… et de tous les autres, presque chaque fois que j’ai mis les pieds dehors… et bien, je sais que peu importe ce qu’on fait nous, les femmes et les filles, on n’est pas safe dans la rue et ce n’est pas à nous de changer notre comportement, mais bien aux hommes de prendre conscience de ce qui se passe dans l’espace public et de changer d’attitude. Et de faire changer les autres hommes d’attitude. En attendant, je pédale toujours comme une malade, le coeur serré, quand je rentre d’une soirée un peu tard.

  21. Je n’aurais pas dit mieux…
    Je suis désolée que tu vives ainsi dans la peur. Sinon, tu peux aller t’installer au Japon. Même à minuit en vélo toute seule pour rentrer chez moi, je n’ai jamais eu peur. ;)

  22. Wow ! Ca fait froid dans le dos.
    Et quand tu te dis que certaines vivent cela tous les jours, c’est encore plus effrayant !!

  23. Bonjour,

    Je vous suis de près (!) mais uniquement sur ce blog et sur « Mon corps m’appartient » (j’ai beaucoup apprécié cette initiative, que je trouve bénéfique et d’utilité publique).

    Je n’ai pas commenté vos autres articles car noyé parmi tous les nombreux commentaires pertinents, mon propos n’aurait pas apporté grand chose de plus. Mais là, j’ai été interpellé par le fait « de changer de trottoir »…

    Concernant cet article, je retrouve tout à fait les données qui conduisent une personne à être traumatisé (non, ce n’est pas péjoratif). Et par là-même qui développe une angoisse viscérale (« Tout le temps. Je me sens menacée, tout le temps. »). Tout cela est bien logique et n’est pas pathologique; cependant, cela le devient parfois quand cette angoisse devient paralysante, et sujet à des manifestations psycho-somatiques (eczéma, tétanie…), psychiques (sentiment de culpabilité, perte de l’estime de soi et de la confiance, etc) voire psychiatriques (scarifications, etc).
    Je ne dis pas que c’est votre cas -loin de là- mais je souhaite juste vous mettre en garde et prévenir autrui dans cette même situation que l’on ne peut vivre à long terme dans une angoisse permanente sans développer un jour des symptômes post traumatiques qui vous « bouffent » la vie jusqu’à conduire parfois à l’inéluctable.

    Tout ça pour dire, que travaillant en Psychiatrie (ah, le mot qui fait peur !), je constate tous les jours, chez des personnes qui ont subi des traumatismes, ces angoisses devenues pathologiques et donc socialement très handicapantes. Le viol est bien sûr, l’acte le plus traumatique à l’évidence (malheureusement pas pour tout le monde) mais c’est aussi ce genre de situations que que vous racontez qui sont traumatisantes car récurrentes, générant un climat permanent d’insécurité.

    Pour conclure, je ferai plus attention dans la rue à ne pas créer/participer à ce sentiment d’insécurité bien que je n’ai pas l’impression a priori d’avoir un comportement persécutif.. Je ne suis donc pas sûr que je changerais de trottoir…car je ne regarde pas les femmes avec cet œil-là. Mais bon, à voir…au moins, j’en serai conscient !

    Ce que vous avez vécu -vivez- ne sont pas des situations isolées: cela concerne bcp de femmes tous les jours, ici et ailleurs. Et j’ajouterais que cela concerne TOUS (moi y compris !) les hommes: réfléchissez à votre attitude, à votre approche (dans tous les sens du terme) des femmes. Elles ont le droit de s’habiller comme elles veulent sans être injuriées: elles ont le droit d’aimer qui et comme elles veulent; elles n’ont pas à subir les agissements malsains des hommes; elles n’ont pas à être vos objets; elles ne sont pas des proies !

    Cordialement.

    PS: j’espère n’avoir pas été maladroit dans mes propos; ce qui m’arrive parfois.

  24. C’est pas la première fois que face à un témoignage sur ce sujet je me demande l’effet que je fais. Habitué des vêtements sombres, des manteaux longs et des chapeaux à large bord, je fais vraisemblablement peur. Je n’ai pas la gueule de la « caille-rat » qu’on imagine comme predateur urbain, mais plutôt d’un méchant de film d’horreur, vaguement burtonnien. Comme en général j’ai le casque sur les oreilles et les yeux sur mon téléphone ou sur un bouquin, je ne m’en rends compte que très tard s’il y a d’autres usagers dans l’espace public.
    Je pense toutefois que l’angle féministe nedonne qu’une vision parcellaire du problème. J’ai eu plusieurs fois maille à partir avec tantôt un mec perché qui en avait après mes clopes, tantôt la « caille-rat  » dont je parlais plus haut qui cherchait la confrontation dans le cadre d’une parade nuptiale qui rétrospectivement m’évoque le brame du cerf. L’agression est omniprésente dans l’espace urbain. Elle vise vraisemblablement plutôt les femmes (ça paraît tellement évident que je vous met au défit de trouver quelqu’un qui a cherché des chiffres dans ce sens) et le biais social en même temps qu’il fausse la vision des horaires d’agression (vraisemblablement plus d’agressions de jour que de nuit puisque plus de personnes dans l’espace public) fausse également la vision du genre des victimes (en niant les agressions d’hommes minoritaires pour ne retenir que les agressions de femmes qui sont sans doute la majorité). Tant qu’on voudra voir là un problème strictement genré, on ne solutionnera rien, car la mobilisation restera le fait d’une minorité qui peine à combattre l’inertie de la majorité.

    1. Je pense qu’on trouve un certain nombre de publications et d’études sur les femmes agressées dans l’espace public : https://www.google.fr/search?q=femmes+agress%C3%A9es+espace+public+france&rlz=1C1CHFX_frFR553FR553&oq=femmes+agress%C3%A9es+espace+public+france&aqs=chrome..69i57.3642j0j7&sourceid=chrome&espv=210&es_sm=122&ie=UTF-8
      L’angle féministe ? Mais je suis féministe. Je suis une femme. Je n’ai été agressée qu’en tant que femme. Si j’avais été une personne de couleur, j’aurais pu parler d’agressions racistes, si j’avais été homosexuelle, j’aurais pu parler d’agressions homophobes.
      J’attends avec impatience la liste des peurs et des angoisses des hommes quand ils sortent dans la rue. C’est pas à moi d’aborder ce problème.

      1. Je pense pouvoir commencer à aborder ce problème. Étant un homme, quand je sors dans la rue, oui, j’ai peur.
        Je n’habite pas dans une ville « craignos », ni un quartier craignos, c’est plutôt un endroit relativement tranquille, en bord de mer, et pourtant…
        Et pourtant je me suis fait agresser à plusieurs reprises, par des hommes, mais également par des femmes.
        Paradoxalement, on pourrait penser que l’agression faite par les hommes aurait été plus violente, au moins physiquement, mais ç’a été l’inverse. Les hommes m’ont simplement demandé si j’avais des cigarettes, mais comme je ne fume pas, ils m’ont demandé de l’argent, mon téléphone, ou tout autre chose de valeur que j’avais, en lorgnant sur mes bagues et mon pendentif. Des « demandes » avec une voix sournoise, perfide, ignoble.
        J’ai eu peur, mais je n’ai rien lâché, j’ai tenté de me dégager, de partir. Ils ne m’ont pas plus retenu que ça, hormis en me barrant la route, mais ne m’ont pas poussé, frappé, « simplement » insulté, de pédé, de tapette, tafiole, de mots doux comme ça.
        Je ne suis pas homosexuel, je suis hétéro, mais je pense que le fait que je ne me sois pas défendu de manière brutale (parce que tout le monde sait que les homosexuels sont des êtres doux et sensibles, des petites peluches qui ne savent pas lever la main sur les gens, hein) et également le fait que j’avais des bagues sur plusieurs doigts (oui, la bague, c’est la femme qui doit l’avoir, ou alors, les « pédés », hein, voyons, tout le monde sait ça…) [[En dehors de cette agression, il m’arrive également d’entendre des remarques désobligeantes sur le fait que je porte des bagues, bagues qui sont des cadeaux de ma sœur, de mon père, de ma copine… Par des hommes comme par des femmes.]], leur a mis ces idées-là dans la tête.

        Une autre agression, la même année, juillet 2012, s’est cette fois produite par des femmes, dans un autre quartier de la ville, téléphone à la main. Ces femmes m’ont barré la route, alors que je marchais tranquillement, téléphone à la main, et ont commencé à m’insulter, immédiatement, une d’entre elles essayant de mettre la main sur mon téléphone. La seconde me tordait le bras, pour m’empêcher de me débattre, et la troisième s’esclaffait grassement.
        Le fait est que j’ai dû élever la voix, me débattre, malgré l’absence de témoins, pour qu’elles commencent à se calmer, tout en continuant à m’insulter, me faire des doigts d’honneur, me menacer. Ça n’a duré « que » quelques secondes, peut-être une minute trente, deux minutes, mais c’était suffisant. Elles sont parties, pour revenir en voiture, en klaxonnant, en m’insultant, en riant, passant à très vive allure à côté de moi, frôlant le trottoir.

        Deux agressions, dans un laps de temps assez court. Deux agressions, et la seconde a été plus traumatisante pour moi que la première.
        Maintenant, quand je sors, oui, j’ai peur. Mon téléphone est au fond de ma poche, mon sac est collé à moi, mes clés sont dans le creux de ma main, homme ou femme, les personnes que je croise sont de potentiels agresseurs pour moi.
        Quand je prends la voiture, c’est simple. Avant même de la démarrer, je verrouille les portes.
        Je ne sors plus la nuit, seul, mais toujours avec plusieurs amis (ce qui n’empêche pas les agressions, j’en ai vécu une de quatre personnes, hommes et femmes, alors que nous étions six, mais cela s’est limité à des insultes, blagues graveleuses, et j’en passe), et je fais toujours attention.

        Je fais également partie des gens qui disent à leur copine de faire attention quand elle sort, attention aux hommes, attention aux femmes. Elle a eu la chance de ne jamais subir d’agression dans la rue, et j’espère tous les jours qu’elle n’en subira jamais. J’ai probablement beaucoup plus peur quand je sors, qu’elle, quand elle sort.

  25. 100% d’accord avec toi. Ma parade: j’habite un bled de campagne, je ne sors pas, et quand je vais en ville – rare donc – j’ai les yeux partout. Je m’habille comme un sac. Et je n’hésite pas à user de mon cri hyper strident. Résultat je dois avoir 40\20 de tension qd je sors seule et je m’empêche de vivre. Et non, je ne pense pas vivre dans un monde parallèle contrairement à ce que l’on essaie de me faire croire.

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