Time off

Je n’ai rien publié ici depuis un moment, et pourtant j’en ai, des brouillons qui attendent d’être finalisés, relus puis publiés. Mais le soleil qui pointe timidement ses rayons au-dessus de mon froid pays, mes envies de salades de fruits sur la terrasse avec un bon livre, mon besoin de retrouver le contact avec ma vie, m’empêchent de m’atteler sérieusement à une quelconque rédaction pour ce blog. Comme je n’aime pas m’éclipser en silence (je suis un peu une drama queen), ce petit billet pour vous annoncer que je vais arranger mes petites affaires et mettre le blog en pause, pour une durée indéterminée.

J’ai pu apprécier pendant quasiment un an et demi la joie de socialiser sur Internet, d’affûter mes couteaux de militante et mes plumes de rédactrice, et j’ai fait la connaissance de beaucoup de belles âmes ici, ou sur Twitter. Mes plus belles rencontres, mes plus belles surprises, se sont faites grâce à Internet, et je ne pourrais décidément jamais être partisane du discours qui consiste à dire que le web c’est dangereux, que ce n’est pas réel, et qui sépare « la vraie vie » de la vie qu’on mène sous un pseudo. J’ai toujours été la même « en vrai » et sur Internet, mon pseudo m’a permis de faire de belles choses — je crois — et de rencontrer d’autres pseudos, pour que nous devenions ami-e-s.

J’ai pourtant besoin de me reconnecter avec la réalité, quoi qu’elle veuille dire. Ou plutôt à ma réalité. Celle qui m’a rendue bien souvent incapable de faire quoi que ce soit, faisant de mes journées des simulacres de limbes où je me traînais en actualisant chaque onglet ouvert dans mon navigateur, ma réalité qui aujourd’hui me tire par la main et m’enjoint de faire, de créer, de me réaliser. Moi. De prendre soin de moi, pour de vrai. Adepte des beaux discours j’ai dispensé pas mal de bonnes paroles, de paraboles, mais les cordonniers sont les plus mal chaussés, tout ça…

J’ai commencé ce blog parce que j’en avais besoin, et je l’ai fait évoluer pour qu’il colle toujours au plus près à ma personnalité. Aujourd’hui, je ne me sens plus aussi proche de lui que je le voudrais, et j’avoue sans honte que je ne sais plus quoi faire de lui. De ces mots que j’ai accumulés, certains publiés il y a longtemps et qui ne me correspondent plus (on retrouve quelques horreurs quand on se relit, parfois), je ne sais plus où je vais. Je suis très dispersée dans mes intérêts, et très curieuse, alors j’aime parler de tout et de rien, mais paradoxalement je suis aussi quelqu’un qui aime l’ordre et les choses à leur place. J’ai l’impression que ce blog est devenu un fourre-tout dont je n’aime plus l’apparence ni l’intégralité du contenu. Je suis très fière de certains billets, et toujours fière d’avoir réussi à exprimer mes opinions, de plus en plus clairement, avec de plus en plus de recul et de pertinence. Mais ça ne me satisfait plus.

Alors pour l’instant, je vous dis au revoir. Ce n’est qu’un au revoir, bien sûr.

Un au revoir estival, plein de promesses de bronzage (pour le coup j’ai déjà pris pas mal d’avance), d’apéros, du chant des vagues, des longues balades, des soirées à discuter autour d’un verre avec quelques amis. J’espère sincèrement que je ne vous manquerai pas vraiment, tant votre été sera empli de joies et d’instants qui se transformeront en beaux souvenirs.

Pratiquement parlant, je vais suite à ce billet modérer les quelques commentaires en attente, puis annuler la possibilité de commenter les articles, pour que je ne me retrouve pas avec trois tonnes de modération à faire en rentrant, quand je rentrerai… je vais également mettre en pause le Tumblr Mon corps m’appartient : je n’irai plus modérer la boîte de réception et il n’y aura plus de photo ou de message publié jusqu’à mon retour.

Certain-e-s d’entre vous ont peut-être remarqué que mon compte Twitter personnel (@aPaulineR) est désactivé depuis cette nuit — moment de mon épiphanie. J’avais besoin de le faire, symboliquement. Je vais sûrement le rouvrir, pour ne pas vous perdre, mais je ne l’alimenterai plus. Twitter est devenu comme une drogue et j’ai besoin de m’en détacher drastiquement pour pouvoir revenir en paix avec ce que j’y fais.

La page Facebook du blog restera ouverte, bien entendu, mais je n’y posterai rien non plus. Je ne répondrai pas non plus aux emails que je recevrai sur la boîte du blog, et je désactive le formulaire de contact disponible en haut du blog. Bref, vous l’aurez compris : je pars en vacances. Dans mon canapé, dans les rues de ma ville, avec ma robe jaune et mes abricots mûrs, avec mes rêves et mes doutes, le temps de faire le plein d’une belle énergie.

Je vous souhaite un bel été. A (plus ou moins) bientôt.

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