Pas sans mon consentement !

Il y a un peu plus d’un an, j’écrivais l’article de ma vie, un peu, celui qui m’a révélée au grand jour comme faisant partie de ces féministes enragées, celui qui m’a valu de belles expériences et de mauvais jours : Mon corps m’appartient. J’y exprimais avec une rage un peu naïve – je crois avoir un peu mûri depuis – et sans avoir pris de recul, ma colère face à une société qui se permet d’instrumentaliser le corps féminin, à le traiter comme un objet, de désir, de moquerie, de satisfaction sexuelle… Aujourd’hui, si mes publications féministes se font plus rares, et si j’ai décidé de faire prendre un autre tournant à ma ligne éditoriale sur ce blog (et surtout sur le prochain), je reste engagée et militante. Et je veux toujours que mon corps m’appartienne.

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26 commentaires

  1. Merci pour informer; Au hasard de mes recherches sur ce sujet terrible, j’indique à tous la lecture du blog de Borée, un médecin généraliste de campagne, il a écrit un article « médecine, sexe et pouvoir » qui devraient être ainsi que les très nombreux commentaires qui rebondissent dessus imprimés et laissés à disposition des patientes dans les salles d’attentes de tous les gynécos ou services de gynéco de France, je crois.

    Au sujet du consentement, encore faut il savoir pour consentir, dans quelles conditions exactes l’apprentissage va être effectué et COMBIEN vont apprendre !

    il y a un médecin anesth, dont le témoignage date de 2011,qui écrit un commentaire et dit avoir arrêté un cours de toucher vaginal quand il s’est aperçu que le chirurgien avait certes recueilli le consentement de la patiente mais avait un peu oublié de lui préciser avant qu’elle soit endormie qu’il y avait une dizaine d’internes à faire passer aux travaux pratiques!

  2. A reblogué ceci sur Idées en vrac d'une petite Moineauet a ajouté:
    Chaque fois qu’un soignant m’a demandé « est-ce que mon étudiant(e) peut vous examiner ? » j’ai dit « oui, bien sûr ». Que ce soit chez l’ophtalmo ou le jour de mon accouchement. Voilà, en dix secondes c’est réglé. Que valent les professionnels qui ne prennent pas ces dix secondes de respect de leur patient ?

  3. Quand j’ai lu cette histoire de « pudibonderie », j’ai été grandement choquée (et je me disais bien que tu en parlerais). Cette chosification du corps alors qu’un simple accord préalable règlerait le problème, car tout comme toi, je donnerai clairement mon accord, parce que c’est participer activement et connaissance de cause à la formation. Mais l’abus médical, le déni de problèmes de certaines médecins (et je n’ose pas imaginer la pression en interne pour ceux qui refuseraient), je trouve cela particulièrement choquant car il s’agit d’un viol à mes yeux (et au regard de la loi aussi).
    Merci d’en avoir parlé.

    1. Effectivement, la pression est immense sur les internes, il n’y a qu’à lire le témoignage de l’étudiante qui a fait un TV sur une femme dans le coma, et qui s’est rendu compte qu’ils étaient une vingtaine à l’avoir fait à la chaîne. Même quand on se sent mal à l’aise, ce n’est pas facile de refuser, c’est un milieu très difficile.

  4. Quand on sait que la relation médecin-patient est sensée être fondée sur la « confiance », comme on ne cesse de nous le répéter, le consentement me semble être le minimum requis.

  5. Ma réaction en lisant ton article : 0_0 *mâchoire décrochée jusqu’au sol*
    Je suis choquée, je n’imaginais même pas que de telles pratiques étaient possibles ! Jamais je n’avais imaginé ça, c’est ignoble.
    Merci pour ton article éclairant et au demeurant hyper bien écrit.
    J’ai bien évidemment signé la pétition.

    A propos de Martin Winckler, as-tu lu Le Choeur des femmes ? Je l’ai trouvé génial, tout bon médecin (ou pas) devrait le lire…

    1. J’ai lu Le Choeur des Femmes, et j’ai adoré… et c’est après cette lecture que je me suis décidée pour mon DIU, en reconnaissant fortement mon médecin traitant dans les traits du médecin bienveillant. J’ai beaucoup de chance :)
      Merci pour ta signature !

  6. Merci beaucoup pour cet article.
    En découvrant cette pratique, j’ai été choquée sur le plan éthique, mais pas trop sur le plan de la surprise. Je ne suis pas une fan du milieu médical – sa froideur, ses préjugés, sa violence… Je n’en suis pas à une désillusion près.
    Je t’avoue qu’il y a quand même un truc qui me chiffonne… Que ce soit dans ton article ou dans d’autres, je vois l’idée (à la 1e personne ou à la 3e) que si on demandait leur consentement aux patientes, la plupart seraient d’accord pour que les étudiant-e-s s’entraînent au TV sur elles.
    En fait, moi, j’ai pas l’impression que j’accepterais (après ça dépend du contexte, tout ça tout ça, mais honnêtement, si je me projette, là maintenant tout de suite, ça serait non).
    J’ai bien compris que la question n’est pas celle-là mais celle de demander le consentement (avec donc la possibilité du oui ou du non). Simplement, j’ai l’impression de lire plusieurs fois « l’important c’est le consentement d’ailleurs si vous me demandez, je dis oui » pour répondre à l’argument (tout pourri) « on le fait sur patientes endormies parce que sinon elles ne le voudraient pas ». Effectivement, moi (et sans doute d’autres), je ne voudrais pas. Et oui, je suis bien consciente qu’il faut que les étudiant-e-s apprennent, et je suis reconnaissante envers les patientes qui sont d’accord, mais moi, dans mon vécu, j’aurais l’impression de céder (et non de consentir) parce qu’on m’a dit « s’il te plait » (« oh allez quoi, j’ai été gentil, j’ai demandé, maintenant dis oui stp »).

    1. Tu as tout à fait raison, DameAndine. Ce que je voulais dire, c’est qu’un nombre tellement grand de patientes accepteraient le geste s’il était demandé, qu’on n’aurait pas à le faire sans consentement, et par extension, les personnes qui refuseraient le geste (ce qui est 300% légitime), ne devraient pas non plus être importunées. J’ai été un peu maladroite dans mes propos, et j’aurais dû accentuer le fait que justement, dans le consentement, ce qui est important c’est de savoir accepter un refus, parce qu’en tant que patiente, tu ne dois rien au médecin qui s’occupe de toi, c’est lui/elle qui a un devoir envers toi et pas l’inverse. D’autant que très honnêtement, dans notre société occidentale, on pourrait tout à fait créer des mannequins ultra réalistes pour ce genre de gestes. Et comme le dit Sous la blouse, le faire une fois est suffisant et pas besoin de s’entraîner 1000 fois pour savoir quand quelque chose cloche. C’est sûrement tout le système de formation qui est à revoir. Je suis désolée de t’avoir heurtée.

  7. Je découvre et c’est vraiment choquant,
    l’absence de consentement et profiter de l’endormissement si ce n’en’est pas uun viol c’est quoi?

  8. J’en reviens pas! Je ne me doutais pas que de telles pratiques existent! Je suis très choquée et outrée. C’est immonde!!! Je vais de ce pas signer la pétition!

  9. Je trouve ça tellement flippant et outrant, j’étais pas au courant, alors merci pour cet article, pour ces liens, ces sources, et un grand merci pour l’utilisation du pronom iel / iels trop peu utilisé et connu.

  10. Wow, tu viens de me faire « découvrir quelque chose ». Je ne savais pas que ces pratiques étaient possibles, en tout cas elles ne m’ont jamais traverser l’esprit car j’ai plutôt tendance à placer le corps médical sur un piédestal. Mais là… je suis « choquée ».

  11. Mon dieu tout ce que tu dis là me file la nausée. J’ai la phobie des médecins et des hôpitaux, parce que la plupart du temps quand je me retrouve face à un médecin j’ai l’impression de n’être qu’un corps vide,de ne pas être écoutée et je déteste qu’on m’enlève toute ma substance comme ça d’un revers de main. Évidement certains médecins sont exceptionnels et dérogent à cette règle… Mais ils sont tellement rares. Évidemment je sais qu’ils se comportent ainsi pour se protéger parce qu’ils font un métier très dur et tout et tout… mais malgré tout même si je peux comprendre, je n’accepte pas. Bref pour en revenir à ces TV c’est juste inadmissible. Un scandal. Il n’y a pas d’autre mot. Ca me révulse l’estomac rien que d’y penser. Je vais aller signer la pétition.

    1. « certains médecins sont exceptionnels et dérogent à cette règle »…
      Jme sens tellement blessée par ce genre de discours.
      J’en connais des tas, des « rares ». Vraiment, des tas.
      et tous ces « rares »… ben ça leur noue l’estomac, ça les rend malade et ça leur donne (encore un peu plus) envie de se foutre en l’air, de passer pour des violeurs doublés de brutes sans cœur alors qu’ils passent des heures et des heures non rémunérées à écouter leurs patients, à répondre à leurs questions, à les mettre en confiance et adopter la meilleure approche possible pour ne pas les brutaliser, dans toutes les situations possibles.
      Un peu de modération dans les superlatifs et la généralisation n’a jamais fait de mal et ne rendra pas la situation moins inacceptable.
      S’il vous plaît…

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