vendredis intellos

[VI] L’éducation sexuelle des garçons : coup de gueule

En ce moment, je suis une insurgée. Du genre bien comme il faut. Entre le Manifeste des 343 salauds (ces 19 ploucs…), le Dico des Filles 2014-qui-vient-en-fait-du-Moyen-Âge, et rien qu’hier ma découverte des touchers vaginaux sur des femmes endormies au bloc opératoire, figurez-vous que ça va pas fort et que j’ai mal à ma sécurité sexuelle.

J’avais envie de vous parler de cet article sur LeMonde.fr, qui est censé enjoindre les parents à s’intéresser d’un peu plus près à l’éducation sexuelle de leurs garçons (je dis censé parce que j’ai beau être tout à fait réveillée, j’ai pas trop saisi le véritable but de cet article, à part les citations de James Baldwin que je trouve très percutantes), et puis finalement je suis pas trop d’accord avec ce que dit la nana… Par exemple, elle dit :

Certes il est souhaitable que les garçons aient une connaissance solide de l’anatomie féminine, de la menstruation, de la contraception… Mais qu’en est-il de leurs propres troubles troublants ? L’effet de la montée des hormones n’est pas le même chez le garçon que chez la fille. Qu’est-ce qu’avoir un corps masculin désirant, bandant, frémissant, vulnérable, bouleversé ? Que faire des fantasmes qui tourmentent ? Peut-on se donner soi-même du plaisir hors culpabilité… et hors vulgarité ? Que faire de l’amour, de la jalousie, de l’impuissance, de la dépression post-coïtale ? Que faire des passions et peurs que suscite la sexualité masculine naissante, souvent totalement obsédante ?

Et je suis pas du tout d’accord. Je trouve que parler de l’anatomie féminine, de la menstruation et de la contraception aux jeunes hommes, c’est pas assez. Déjà, mettre la contraception dans la même case que « ces problèmes de filles », c’est un peu passer à côté du fait que la contraception c’est une histoire de couple : les hommes aussi peuvent gérer la contraception, ça fait aussi partie de « leurs troubles troublants », c’est eux qui seront pères s’il y a un défaut de contraception. Ensuite, c’est pas ça l’essentiel. (suite…)

[VI] Allaitement et féminisme

Ca fait quelques jours déjà que ma belle-soeur m’a envoyé ce super article du Pr. Martine Erzog Evans intitulé :

Féminisme biologique, allaitement et travail, une nouvelle forme d’auto-détermination des femmes

J’ai super envie de vous en parler, parce que je le trouve génial, et il résume très bien ce que je pense en matière de féminisme et de condition de la femme dans la société actuelle. Cet article fait 16 pages, il est très très complet, je pense donc vous en faire un résumé condensé auquel j’ajouterai mes commentaires.

L’article commence fort, avec une citation : « L’allaitement est un truc que les hommes ont inventé pour e… les femmes », a un jour apparemment dit une femme.

[…] un certain féminisme présente l’allaitement comme étant l’adversaire des femmes, celui qui les astreint à la maison. Ce féminisme reprend actuellement de la vigueur en se dressant contre la femme « biologique », celle qui veut utiliser son corps dans toutes ses dimensions, non seulement sexuelle, mais encore en tant que gestante, parturiente et allaitante.

J’en parlais un peu dans mon article « Féminisme au rabais« , mon incompréhension est toujours totale face à ceux qui se réclament du féminisme tout en interdisant aux femmes d’user de leur condition de femmes comme bon leur semble. J’ai l’impression qu’une certaine branche du féminisme a pour but de transformer les femmes en hommes, en promouvant l’égalité des sexes, mais en passant totalement à côté du fait qu’une femme n’est pas un homme et que les hommes et les femmes ne sont pas du tout interchangeables… notamment dans le domaine de la parentalité. (suite…)

[VI] L’égalité des sexes à l’école

Encore un tour du karma : au moment où mon cerveau est le plus réceptif aux manifestations quotidiennes du sexisme dans notre société, voilà que les suggestions de lecture de la reprise me proposent un article d’éduscol (le portail national des professionnels de l’éducation) intitulé : « Genre et pratiques scolaires : comment éduquer à l’égalité ? »

Je tiens pour universellement acquis qu’il ne fait pas bon naître femme à l’heure actuelle sur cette planète. Evidemment, c’est toujours pire « ailleurs » (je pense notamment aux Saoudiennes qui viennent tout juste de se voir accorder le droit de faire du vélo ! mais attention, voilées intégralement, toujours accompagnées d’un homme et dans les rues pas trop fréquentées par contre…) mais même en France, dans notre beau pays de l’égalité et de la fraternité, les droits de l’homme ne sont pas forcément encore universels. (sur plein de points malheureusement) C’est assez édifiant d’ailleurs qu’au lieu d’avancer sur le sujet, la société occidentale tend plutôt à reculer

Par exemple, les Lego, qui étaient avant unisexes, et présentaient des filles au même nombre que les garçons, se sont peu à peu sexualisés.

Cette pub symbolise pour moi le côté coopératif et créatif du jeu, et a le mérite de faire figurer un garçon ET une fille jouant ensemble. Eh ouais, c'est possible !!

Cette pub symbolise pour moi le côté coopératif et créatif du jeu, et a le mérite de faire figurer un garçon ET une fille jouant ensemble. Eh ouais, c’est possible !!

D’un côté, les Lego de bonhommes, avec de plus en plus d’armes à feu, des quêtes épiques et des objectifs comme sauver le monde et anéantir les méchants, et de l’autre, les Lego de demoiselles, déclinés en rose et en violet, agrémentés d’accessoires comme des fours pour cuire des cupcakes, ou des salons de beauté pour changer de coiffure.

Tintintintiiiiin !

Tintintintiiiiin !

En cadeau, voici une pub pour les Lego Friends, activez donc votre filtre révolté de féministe engagé-e, allez !

Autre chose qui me fait tiquer, c’est la pléiade de livres pour enfants ouvertement catégorisés « filles/garçons » : entre les collections spéciales véhicules dont les protagonistes ne sont que des garçons (La moto de Léo, La voiture d’Arthur…) et les livres d’histoires de princesses Disney… et tiens, cette dernière trouvaille aussi :

DVD genrés

Où on voit clairement que la petite fille peut : jouer à la marchande, sourire, être belle, populaire, et faire des cadeaux, pendant que le petit garçon, lui, peut : construire des robots, faire du sport, être fort, et même être un pirate !

(désolée, je suis un peu révoltée par ces DVD)

(attendez j’en remets une couche : vous avez vu que dans plus d’un tiers des épisodes proposés, le protagoniste du dessin animé n’est même pas une fille ? Trotro, Tchoupi, Samsam, Oui-oui… que des mecs tout ça ! Qu’est-ce qu’on envoie comme message aux petites filles ? que même dans un objet qui leur est destiné, elles ne sont même pas le personnage le plus important de l’histoire ? qu’il faut forcément un garçon pour faire une aventure un tant soit peu intéressante ?)

(/parenthèse féministe enragée) (suite…)